Comme discipline, l'histoire prospecte le passé humain dans toute sa complexité : populations, économies, techniques, politiques, religions, arts, idéologies, etc. 

Au prix d'entretiens oraux, de recherche dans les dépôts d'archives ou les cabinets de manuscrits, dans les bibliothèques ou les musées, sur les sites archéologiques ou dans certains lieux privilégiés où la nature a fixé des souvenirs du passé, l'histoire ambitionne de repérer des traces laissées par les humains. L'objectif est de connaître le milieu dans lequel ils ont vécu. Elle dépiste tous les témoins possibles. 

L'histoire emprunte aux sciences humaines questions et méthodes, qui permettent de saisir des corrélations, de déceler des genèses, en un mot, de comprendre l'aventure humaine.   

Deux traits de l'histoire valent d'être soulignés. L'histoire relève d'abord de l’enquête ; elle doit en effet commencer par découvrir le matériau multiforme sur lequel elle va travailler, les "documents" du passé. Ensuite, elle porte sur la connaissance du passé dans la durée, parfois dans la très longue durée, et donc analyse des naissances, des mutations, des évolutions.

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Les études en histoire à l'UNamur

Le bachelier en histoire vous propose une formation rigoureuse et stimulante, centrée sur l’analyse du passé humain dans toute sa complexité. Grâce à une approche critique, créative et interdisciplinaire, vous développez des compétences en recherche et en réflexion historique. Découvrez les spécificités du programme, ses atouts pédagogiques et les témoignages d’étudiants.

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Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir

Histoire
ODD 11 - Villes et communautés durables

En 2025, deux produits emblématiques de Wallonie – le Miel wallon et le Boudin blanc de Liège – ont obtenu la précieuse reconnaissance européenne IGP. Derrière cette réussite se cache le projet AgriLabel, auquel l’UNamur contribue depuis plus de dix ans. Aux côtés des producteurs, des spécialistes et des institutions publiques, notre Département d’Histoire a joué un rôle déterminant : démontrer, par les sources et par l’analyse scientifique, le lien intime entre ces produits et leur terroir. Un projet au cœur d’enjeux économiques, identitaires, culturels et scientifiques.

Boudin Blan de Liège

Avec une tradition apicole vieille de plusieurs siècles, la Wallonie possède un paysage unique d’apiculteurs, de ruchers-écoles et de sections locales qui entretiennent un véritable patrimoine vivant. C’est notamment par ce lien fort entre le produit et son terroir, que le Miel wallon rejoint la prestigieuse liste des produits wallons bénéficiant du label IGP (indication géographique protégée). 

« Dès le début du XXᵉ siècle, le secteur se professionnalise et se dynamise, notamment grâce à l’amélioration de la gestion des ruchers et de la qualité du miel », raconte Natacha Aucuit chercheuse en histoire de l’alimentation qui a contribué à cette reconnaissance du miel wallon.

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Natacha Aucuit

L’un des éléments distinctifs du miel wallon est sa cristallisation imperceptible à très fine, sans cristaux grossiers. Ce résultat n’est pas dû au hasard : les apiculteurs wallons se sont adaptés à la grande diversité florale de la Wallonie en développant une technique de cristallisation dirigée du miel, perfectionnée dans les années 1980‑1990 et largement diffusée grâce au CARI ASBL et avec l’aide de PROMIEL ASBL 

Natacha Aucuit Historienne

Cette méthode, aujourd’hui généralisée en Wallonie, permet d’obtenir un miel tartinable, onctueux, homogène et non altéré dans ses propriétés naturelles.

Miel wallon

« Ce qui m’a marquée en remontant le fil de l’histoire de ce produit, c’est son côté profondément humain : le savoir est transmis au sein des communautés apicoles, entre maîtres‑apiculteurs et apprentis, qui incarne la force d’une tradition régionale », souligne Natacha Aucuit.

Le Boudin blanc de Liège : un goût, une plante aromatique, une tradition

En plus du Miel wallon IGP, Natacha Aucuit a aussi participé au cours de l’année 2025, à la reconnaissance du Boudin blanc de Liège comme IGP. 

« Produit phare des fêtes de fin d’année dans la province, il possède une origine historique plus floue… mais des marqueurs très solides. On en trouve des mentions dans la presse à la fin du XIXᵉ siècle et, dès le début du XXᵉ et une caractéristique se confirme : l’aromatisation à la marjolaine. Cet ingrédient devient la signature du boudin liégeois. Autrefois, les bouchers-charcutiers cultivaient eux‑mêmes la marjolaine ou l’achetaient sur les marchés locaux. Une production locale a repris ces dernières années », explique Natacha Aucuit.

Boudin de Liège
Boudin de Liège

Ce boudin blanc a un ancrage fort dans la ville de Liège mais sa fabrication est répartie dans toute la province. Il est au au cœur de traditions folkloriques liégeoises : « ce produit se consomme habituellement froid, coupé en tranches. Il est parfois intégré dans la drèssêye, un assortiment de charcuteries typiquement liégeois », précise Natacha Aucuit. 

Un travail continu sur les produits du terroir

Outre le Miel wallon IGP et le Boudin blanc de Liège IGP, d’autres produits wallons font l’objet de toute l’attention de la cellule Agrilabel, en charge des procédures de reconnaissance. Actuellement deux dossiers sont en cours de réalisation : 

  • La révision du cahier des charges du Jambon d’Ardenne IGP
  • La Fraise de Wépion

Les autres produits labellisés en tant qu’IGP depuis la création d’AgriLabel :

  • Plate de Florenville IGP
  • Saucisson d’Ardenne IGP
  • Collier Ardenne IGP
  • Pipe d’Ardenne IGP
  • Escavèche de Chimay IGP
  • Saucisson gaumais IGP

Le projet Agrilabel

Créé en 2011 à l’initiative du Service public de Wallonie et soutenu par le Cabinet de la Ministre wallonne de l’Agriculture, AgriLabel accompagne les producteurs dans l’obtention de labels de qualité européens (AOP, IGP et STG) ou régional (Label Qualité Plus). Ce travail repose sur un partenariat entre l’Université de Liège – Gembloux Agro‑Bio Tech et l’UNamur.

Dans ce cadre, l’Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech se concentre principalement sur la caractérisation du produit et le savoir-faire des producteurs ainsi que la délimitation de l’aire géographique de production. De son côté, l’UNamur se charge de démontrer le lien sociohistorique entre le produit et son terroir, la notoriété de la dénomination dans le temps et sa réputation, éléments essentiels pour la reconnaissance d’une dénomination en tant qu’AOP ou IGP.

Natacha Aucuit, chercheuse spécialisée en histoire de l’alimentation à l’UNamur et membre de l'ILEE et Transitions, apporte, sous la supervision de la Professeure Isabelle Parmentier, une contribution clé au sein de la cellule AgriLabel. Depuis 2013, elle s’attelle à l’élaboration des demandes d’enregistrement de dénominations ou de modification pour des produits comme la Fraise de Wépion ou le Jambon d’Ardenne IGP. Son rôle consiste principalement à établir un lien historique documenté entre le produit et son terroir, en s’appuyant sur des recherches rigoureuses et une démarche scientifique.

Les archives du Moyen Âge central sous la loupe de Jean-François Nieus

Histoire

Jean-François Nieus, maître de recherche F.R.S-FNRS depuis près de 20 ans à l’UNamur, se présente volontiers comme un « chasseur de documents ». Passionné par les mystères du Moyen Âge, il explore une époque encore marquée par les zones d’ombre et les clichés. Son principal terrain d’étude ? Les pratiques documentaires de l’aristocratie du Nord de la France et des anciens Pays-Bas méridionaux, qui lèvent le voile sur les rouages politiques, sociaux et culturels à l’œuvre entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècles.

JF Nieus
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JF Nieus

 «J’ai du mal à définir précisément mon domaine de recherche car je m’intéresse à beaucoup de choses ! Mais s’il y a un fil conducteur, c’est le contact avec le document 

Jean-François Nieus Chercheur, chargé de cours en paléographie, latin médiéval et « diplomatique » (étude des chartes) et directeur du centre de recherche PraME

Un fil que Jean-François Nieus tire depuis une vingtaine d’année et qui s’inscrit dans la dynamique de recherche sur les usages de l’écrit, qui érige le document en objet d’histoire à part entière. Cette approche, développée depuis quelques décennies, éclaire la société médiévale sous toutes ses dimensions : culturelles, bien sûr, mais aussi sociales, politiques, économiques et religieuses. « L’écrit est rare au début du Moyen Âge. Il gagne progressivement en importance dans les pratiques sociales, avec un palier très net aux XIIe et XIIIe siècles – donc durant le Moyen Âge central – où l’on se met à écrire beaucoup plus et où l’on diversifie les formats et les fonctions de l’écrit », explique-t-il. 

Des sources rares et précieuses

Jean-François Nieus s’intéresse en particulier aux productions documentaires associées à l’exercice du pouvoir princier et à la gestion seigneuriale, à l’intérieur d’un espace qui s’étend du monde anglo-normand aux Pays-Bas méridionaux. Les archives princières et nobiliaires sont essentielles pour comprendre les rapports de domination à l’âge dit « féodal », celui des principautés territoriales et de la seigneurie châtelaine, mais aussi les questions d’identité familiale et de lignage qui sont au cœur des préoccupations de l’aristocratie. « Après le milieu du XIIe siècle, la plupart des familles nobles commencent à tenir des archives, d’abord faites de quelques chartes reçues, mais bientôt enrichies de leurs propres productions administratives. Si la majorité de ces fonds laïques ont aujourd’hui disparu, des indices prouvent leur existence », détaille-t-il. Les aléas de l’histoire des grandes familles et la Révolution française ont en effet contribué à un phénomène de déperdition des fragiles documents, si bien qu’il ne reste aujourd’hui qu’une poignée d’archives des XIIe-XIIIe siècles.

Celles étudiées par Jean-François Nieus couvrent néanmoins une large palette typologique : ce sont tout à la fois des « chartriers » (ensembles de chartes originales), des « cartulaires » (recueils de copies de chartes), des « formulaires » (recueils de modèle de chartes et de lettres), des « censiers » (descriptions des biens et revenus relevant d’une seigneurie), des listes de vassaux et de fiefs, des comptabilités, etc.

Jean-François Nieus mène également des travaux d’édition critique. Il publiera bientôt les archives de la famille de Béthune (actuel Pas-de-Calais), ainsi que celles d’une petite abbaye liée à ces seigneurs, Saint-Jean-Baptiste de Chocques, dont il reconstitue le fonds mutilé à la Révolution française.

Un travail patient et minutieux de découverte, de déchiffrement, d’étude et de publication de sources parfois très dispersées, qui contribue à restituer la mémoire d’une époque et à enrichir la documentation accessible aux chercheurs.

Aux sources de l’imaginaire chevaleresque

A côté des écrits administratifs, Jean-François Nieus se passionne aussi pour une science auxiliaire de l’histoire : la « sigillographie », l’étude des sceaux. Ces petites galettes de cire annexées aux documents officiels constituent en effet une fenêtre inédite sur les représentations culturelles de l’époque. Elles montrent notamment comment s’impose, après 1066, sous l’influence de Guillaume le Conquérant, une image nouvelle : celle du chevalier sur sa monture lancée au galop, arme au poing. Ce motif, tout à fait neuf à cette période, se diffuse rapidement parmi les princes et la noblesse, devenant un marqueur fort de la chevalerie.

En suivant cette évolution, Jean-François Nieus retrace également la diffusion des armoiries – l’héraldique –, qu’il voit naître au début du XIIe siècle dans le nord de la France et l’espace anglo-normand. Sceaux équestres, signes héraldiques et rites chevaleresques comme les tournois composent ainsi une communauté culturelle qui s’invente et s’affirme dans cet espace.

Dépasser les clichés sur le Moyen Âge

Si le Moyen Âge fascine tant Jean-François Nieus, c’est sans doute pour son étrangeté : un monde très éloigné du nôtre, souvent déformé par les stéréotypes. « C’est une période difficile à vulgariser car elle est extrêmement différente de la nôtre, même si, en réalité, nous lui devons beaucoup. De plus, sa perception est entachée de nombreux clichés et le grand public porte encore sur elle un regard très négatif, reflété dans le langage courant par le sinistre adjectif ‘moyenâgeux’ », observe le chercheur.

Les causes de cette conception si négative ? Le regard porté par les intellectuels des époques suivantes, qui y ont vu l’origine de tous les archaïsmes qu’ils souhaitaient combattre. Les historiens du XIXe siècle, qui ont donné à la discipline son assise scientifique, ont eux aussi transmis des interprétations erronées, que la recherche contemporaine corrige petit à petit. 

Bio express :

Historien formé à Namur et Louvain-la-Neuve, Jean-François Nieus est maître de recherche du F.R.S.-FNRS et professeur à l’UNamur depuis 2006. Il préside le centre « Pratiques médiévales de l’écrit » (PraME), intégré à l’institut « Patrimoines, Transmissions, Héritages » (PaTHs).

Jean-François Nieus a participé à l’épisode 1 de la saison 3 du documentaire « Batailles de légende », portant sur la grande bataille de Bouvines, entre le roi de France Philippe Auguste et une coalition réunie par le roi d'Angleterre Jean sans Terre (1214).

Des manuscrits oubliés pour raconter la christianisation au Moyen Âge

Histoire

Matthieu Pignot, chercheur au département d’histoire et membre du centre de recherche PraME, vient d’obtenir le titre de Chercheur qualifié FNRS pour ses travaux sur la transmission des savoirs religieux entre l’Antiquité et le Moyen Âge. L’originalité de sa recherche réside dans l’étude d’écrits peu ou pas connus des historiens dans le contexte de christianisation de l’Europe.

Matthieu Pignot

Pour comprendre comment s’est opérée la transition vers le Christianisme, les chercheurs se tournent généralement vers les grands auteurs et notamment saint Augustin, figure incontournable de l’Antiquité chrétienne dont on a préservé le plus d’écrits. À côté de ses œuvres les plus connues (comme La Cité de Dieu ou Les Confessions), Saint Augustin est également l’auteur de courts traités portant sur des pratiques comme le mariage ou le baptême. « Dans mes premières recherches postdoctorales, je cherchais à comprendre comment ces petits textes d’Augustin, et d’autres sources d’Afrique du Nord, ont circulé en Occident entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge. Il s’agit d’une période de mixité religieuse où les premières communautés chrétiennes mettent en place des systèmes d’initiation et d’enseignement », explique Matthieu Pignot.

Très vite, l’intérêt du chercheur se tourne aussi vers des textes anonymes ou pseudépigraphes (attribués erronément à un auteur connu), tombés dans l’oubli au profit d’écrits d’auteurs, et qui abordent également ces questions d’éducation religieuse. « C’est le point de départ de mon projet de recherche. Ces textes sont difficiles à étudier car, circulant sous plusieurs noms, on ne connait pas leur auteur véritable. On ignore qui les a écrits et on connaît mal leur transmission ancienne et médiévale. Ce sont précisément ces zones d’ombre qui les rendent très intéressants », poursuit l’historien.

Pour aborder cette question, Matthieu Pignot part de deux corpus de textes : d’un côté, une collection de 80 sermons attribués à tort à Fulgence de Ruspe et, de l’autre, une traduction latine d’une collection anonyme de maximes philosophiques grecques par Rufin d’Aquilée (IV-Ve siècle), un auteur qui a joué un rôle important dans la transmission de la pensée grecque à la fin de l’Antiquité en Occident.

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Portrait Matthieu Pignot

Il s’agit de textes humbles, courts et accessibles, qui visent à transmettre une éducation simple et rudimentaire. Dans cette période de grands changements et de diffusion du christianisme comme religion dominante, ces écrits offrent des indices précieux sur l’évolution de l’éducation religieuse.

Matthieu Pignot Chercheur qualifié FNRS

Faire exister ces écrits grâce aux outils numériques

La méthodologie privilégiée par Matthieu Pignot pour cette recherche implique le recours à l’édition numérique. L’objectif ? « Faire exister et valoriser ces textes qui n’ont pas le privilège d’avoir un nom d’auteur et dont certains n’ont même pas été imprimés. De plus, les outils d’analyse stylistique et linguistique permettront peut-être de donner des indications sur l’auteur, ou au moins de grouper les textes, sur base de tics d’écriture récurrents. »

Avec ce projet, Matthieu Pignot a également pour ambition de développer le volet de transcription automatisée des manuscrits, encore en développement. « Mon objectif est de contribuer à l’amélioration de ces outils grâce à mes propres transcriptions et de participer à la dynamique d’intérêt pour les manuscrits médiévaux dans les archives et les bibliothèques », conclut le chercheur.

CV express

Matthieu Pignot a un parcours tourné vers l’international. Formé à l'UCLouvain, il s’est spécialisé dans l’histoire de l’Antiquité et l’histoire du Moyen Age. Il poursuit ses études à l’École Pratique des Hautes Études de Paris puis à l’Université d’Oxford où il défend sa thèse de doctorat. Après sa thèse, il a notamment participé à un projet ERC sur le culte des saints dans le monde chrétien occidental (Université d’Oxford – Université de Varsovie).

Portrait Matthieu Pignot

Matthieu Pignot est membre du centre de recherche PraME (« Pratiques médiévales de l’écrit »), qui fait partie de l’institut de recherche PaTHs (« Patrimoines, Transmissions, Héritages »). Il collabore également avec l’Institut d’études augustiniennes (Paris) et avec l’Université de Nimègue.

35 ans entre deux accélérateurs – Le voyage de Serge Mathot, ou l’art de souder l’histoire à la physique

Alumni
Physique et astronomie
Patrimoine, culture et sociétés
Matériaux, énergie et environnement

Un pied dans le passé, l’autre dans l’avenir. De la granulation étrusque à l’analyse PIXE, Serge Mathot a construit une carrière unique, entre patrimoine scientifique et accélérateurs de particules. Portrait d’un alumni passionné, à la croisée des disciplines. 

Photo de Serge Mathot (CERN) lors de sa visite à l'UNamur en mai 2025

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre vos études puis votre doctorat en physique ?

J’étais fasciné par le domaine de recherche d’un de mes professeurs, Guy Demortier. Il travaillait sur la caractérisation de bijoux antiques. Il avait trouvé le moyen de différencier par analyse PIXE (Proton Induced X-ray Emission) les brasures antiques et modernes qui contiennent du Cadmium, la présence de cet élément dans les bijoux antiques étant controversée à l’époque. Il s’intéressait aux méthodes de brasage antiques en générale et à la technique de granulation en particulier. Il les étudiait au Laboratoire d’Analyses par Réaction Nucléaires (LARN). Le brasage est une opération d'assemblage qui s'obtient par fusion d'un métal d'apport (par exemple à base de cuivre ou d’argent) sans fusion du métal de base. Ce phénomène permet à un métal liquide de pénétrer d’abord par capillarité et ensuite par diffusion à l’interface des métaux à assembler et de rendre la jonction permanente après solidification. Parmi les bijoux antiques, on trouve des brasures faites avec une incroyable précision, les techniques antiques sont fascinantes.

L’étude de bijoux antiques ? On ne s’attend pas à cela en physique.

En effet, c’était l’un des domaines de recherche de l’époque à Namur : les sciences du patrimoine. Le professeur Demortier menait des études sur différents bijoux mais ceux fabriqués par les Étrusques en utilisant la technique dite de granulation, qui est apparue en Éturie au 8è siècle avant JC, est particulièrement incroyable. Elle consiste à déposer sur la surface à décorer des centaines de granules d'or minuscules pouvant atteindre jusqu'à deux dixièmes de millimètre de diamètre et de les fixer sur le bijou par une brasure sans en altérer la finesse. Je me suis donc ainsi formé aussi aux techniques de brasage et à la métallurgie physique.

La caractérisation des bijoux grâce à l’accélérateur de particules du LARN, qui permet une analyse non destructive, donne des informations précieuses pour les sciences du patrimoine. 

C’est d’ailleurs un domaine de collaborations actuel entre le Département de physique et le Département d’histoire de l’UNamur (NDLR: notamment au travers du projet ARC Phoenix).

Statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN (1990)
Statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN (1990)

En quoi cela vous a-t-il permis d’obtenir un poste au CERN ?

J’ai postulé un poste de physicien au CERN dans le domaine du vide et des couches minces mais j’ai été invité pour le poste de responsable du service de brasage sous vide. Ce service est très important pour le CERN car il étudie les méthodes d’assemblage de pièces particulièrement délicates et précises pour les accélérateurs. Il fabrique également des prototypes et souvent des pièces uniques. Grosso modo, le brasage sous vide est la même technique que celle que nous étudions à Namur à part qu’elle s’effectue dans une chambre à vide. Cela permet de ne pas avoir d’oxydation, d’avoir un mouillage parfait des brasures sur les parties à assembler et de contrôler très précisément la température pour obtenir des assemblages très précis (on parle de microns !). Je n’avais jamais entendu parler de brasage sous vide mais mon expérience acquise sur la brasure des Etrusques, la métallurgie et mon cursus en physique appliquée telle qu’elle est enseignée à Namur à particulièrement intéressé le comité de sélection. Ils m’ont engagé tout de suite !

Le parcours de Serge Mathot

Parlez-nous du CERN et des projets qui vous occupent

Le CERN est principalement connu pour héberger des accélérateurs de particules dont le célèbre LHC (Grand Collisionneur de Hadrons), un accélérateur de 27 km de circonférence, enterré à environ 100 m sous terre, qui accélère les particules à 99,9999991% de la vitesse de la lumière ! Le CERN a plusieurs axes de recherche en technologie et innovation dans de nombreux domaines : la physique nucléaire, les rayons cosmiques et la formation des nuages, la recherche sur l’antimatière, la recherche de phénomènes rares (comme le boson de Higgs) et une contribution à la recherche sur les neutrinos. C’est aussi le berceau du World Wide Web (WWW). Il y a aussi des projets dans la thématique soins de santé, médecine et des partenariats avec l’industrie. 

La physique nucléaire du CERN est bien différente de celle qu’on fait à l’UNamur avec l’accélérateur ALTAÏS. Mais ma formation en physique appliquée (namuroise) m’a permis de m’intégrer sans soucis dans différents projets de recherche.

Plateforme technologique SIAM - Accélérateur ALTAïS IBMM
Accélérateur ALTAÏS (plateforme technologique Synthèse, Irradiation et Analyse de matériaux - SIAM)

Pour ma part, en plus du développement des méthodes de brasage sous vide, domaine dans lequel j’ai travaillé plus de 20 ans, j’ai beaucoup travaillé en parallèle pour l’expérience CLOUD. Pendant plus de 10 ans et jusque récemment j’en ai été le Coordinateur Technique. CLOUD est une petite mais fascinante expérience au CERN qui étudie la formation des nuages et utilise un faisceau de particules pour reproduire en laboratoire le bombardement atomique à la manière des rayonnements galactiques dans notre atmosphère. A l’aide d’une chambre à nuage ultra propre de 26 m³, de système d’injection de gaz très précis, de champs électriques, de systèmes de lumière UV et de multiples détecteurs, nous reproduisons et étudions l’atmosphère terrestres afin de comprendre si effectivement les rayons galactiques peuvent influencer le climat. Cette expérience fait appelle à différents domaines de physique appliquée et mon parcours à l’UNamur m’a encore bien aidé. 

J’ai été aussi responsable pour le CERN du projet MACHINA –Movable Accelerator for Cultural Heritage In situ Non-destructive Analysis – réalisé en collaboration avec l’Istituto Nazionale di Fisica Nucleare (INFN), section de Florence - Italie. Nous avons créé ensemble le premier accélérateur de protons portable pour l’analyse in-situ et non-destructive pour les sciences du patrimoine. MACHINA doit être utilisé prochainement à l’OPD (Opificio delle Pietre Dure), l’un des plus anciens et prestigieux centres de restauration d’œuvres d’art situé également à Florence. L’accélérateur est destiné à voyager aussi dans d’autres musées ou centres de restauration.

Actuellement, je m’occupe du projet ELISA (Experimental LInac for Surface Analysis). Avec ELISA, nous faisons fonctionner un véritable accélérateur de protons pour la première fois dans un lieu ouvert au public : le Portail de la Science (SGW – Science Gateway), le nouveau centre d'exposition permanent du CERN. 

L'accélérateur ELISA du CERN
Accélérateur ELISA (CERN)

ELISA utilise la même cavité accélératrice que MACHINA. Le public peut observer un faisceau de protons extrait à quelques centimètres de leurs yeux. Des démonstrations sont organisées pour montrer différents phénomènes physiques, tels que la production de lumière dans les gaz ou la déviation du faisceau avec des dipôles ou des quadrupôles par exemple. La méthode d'analyse PIXE est également présentée. ELISA est aussi un accélérateur performant que nous utilisons pour des projets de recherche dans le domaine du patrimoine et d’autres comme les couches minces qui sont beaucoup utilisées au CERN. La particularité est que les scientifiques qui viennent travailler avec nous le font devant le public !

Une anecdote à raconter ?

Je me souviens qu’en 1989, je finissais de taper la veille de l’échéance et en pleine nuit mon rapport pour ma bourse IRSIA. Le dossier devait être remis le lendemain à minuit au plus tard. Il n’y avait que très peu d’ordinateurs à l’époque et j’ai donc tapé mon rapport en dernière minute sur le Mac d’une des secrétaires. Une fausse manœuvre et paf ! toutes mes données avaient disparu, grosse panique !!! Le lendemain, la secrétaire m’a aidé à restaurer mon fichier, nous avons imprimé le document et je suis allé le déposer directement dans la boîte aux lettres à Bruxelles, où je suis arrivé après 23h, in extremis, car à minuit, quelqu’un venait fermer la boîte aux lettres. Heureusement, la technologie bien a évolué depuis...

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Photo de Serge Mathot

Et je ne résiste pas à vous partager deux images que 35 ans séparent !

A gauche, une statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN - UNamur (photo 1990) et à droite, copie (en Laiton) de la Dame de Brassempouy, analysée avec ELISA - CERN (2025). 

Le « photographe » est le même, la boucle est bouclée…

Serge Mathot Serge Mathot, Referent Applied Physicist (CERN)
A gauche, Statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN (photo 1990) – A droite, copie (en Laiton) de la Dame de Brassempouy, analysée avec ELISA (2025)

La proximité entre enseignement et recherche inspire et questionne. Cela permet aux étudiants diplômés de s’orienter dans de multiples domaines de la vie active. 

Venez-faire vos études à Namur !

Serge Mathot (mai 2025) - Interview par Karin Derochette

Pour aller plus loin

CERN - le portail de la science

Le Portail de la Science du CERN

Cet article est tiré de la rubrique "Alumni" du magazine Omalius #38 (Septembre 2025).

cover-omalius-septembre-2025

Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir

Histoire
ODD 11 - Villes et communautés durables

En 2025, deux produits emblématiques de Wallonie – le Miel wallon et le Boudin blanc de Liège – ont obtenu la précieuse reconnaissance européenne IGP. Derrière cette réussite se cache le projet AgriLabel, auquel l’UNamur contribue depuis plus de dix ans. Aux côtés des producteurs, des spécialistes et des institutions publiques, notre Département d’Histoire a joué un rôle déterminant : démontrer, par les sources et par l’analyse scientifique, le lien intime entre ces produits et leur terroir. Un projet au cœur d’enjeux économiques, identitaires, culturels et scientifiques.

Boudin Blan de Liège

Avec une tradition apicole vieille de plusieurs siècles, la Wallonie possède un paysage unique d’apiculteurs, de ruchers-écoles et de sections locales qui entretiennent un véritable patrimoine vivant. C’est notamment par ce lien fort entre le produit et son terroir, que le Miel wallon rejoint la prestigieuse liste des produits wallons bénéficiant du label IGP (indication géographique protégée). 

« Dès le début du XXᵉ siècle, le secteur se professionnalise et se dynamise, notamment grâce à l’amélioration de la gestion des ruchers et de la qualité du miel », raconte Natacha Aucuit chercheuse en histoire de l’alimentation qui a contribué à cette reconnaissance du miel wallon.

Image
Natacha Aucuit

L’un des éléments distinctifs du miel wallon est sa cristallisation imperceptible à très fine, sans cristaux grossiers. Ce résultat n’est pas dû au hasard : les apiculteurs wallons se sont adaptés à la grande diversité florale de la Wallonie en développant une technique de cristallisation dirigée du miel, perfectionnée dans les années 1980‑1990 et largement diffusée grâce au CARI ASBL et avec l’aide de PROMIEL ASBL 

Natacha Aucuit Historienne

Cette méthode, aujourd’hui généralisée en Wallonie, permet d’obtenir un miel tartinable, onctueux, homogène et non altéré dans ses propriétés naturelles.

Miel wallon

« Ce qui m’a marquée en remontant le fil de l’histoire de ce produit, c’est son côté profondément humain : le savoir est transmis au sein des communautés apicoles, entre maîtres‑apiculteurs et apprentis, qui incarne la force d’une tradition régionale », souligne Natacha Aucuit.

Le Boudin blanc de Liège : un goût, une plante aromatique, une tradition

En plus du Miel wallon IGP, Natacha Aucuit a aussi participé au cours de l’année 2025, à la reconnaissance du Boudin blanc de Liège comme IGP. 

« Produit phare des fêtes de fin d’année dans la province, il possède une origine historique plus floue… mais des marqueurs très solides. On en trouve des mentions dans la presse à la fin du XIXᵉ siècle et, dès le début du XXᵉ et une caractéristique se confirme : l’aromatisation à la marjolaine. Cet ingrédient devient la signature du boudin liégeois. Autrefois, les bouchers-charcutiers cultivaient eux‑mêmes la marjolaine ou l’achetaient sur les marchés locaux. Une production locale a repris ces dernières années », explique Natacha Aucuit.

Boudin de Liège
Boudin de Liège

Ce boudin blanc a un ancrage fort dans la ville de Liège mais sa fabrication est répartie dans toute la province. Il est au au cœur de traditions folkloriques liégeoises : « ce produit se consomme habituellement froid, coupé en tranches. Il est parfois intégré dans la drèssêye, un assortiment de charcuteries typiquement liégeois », précise Natacha Aucuit. 

Un travail continu sur les produits du terroir

Outre le Miel wallon IGP et le Boudin blanc de Liège IGP, d’autres produits wallons font l’objet de toute l’attention de la cellule Agrilabel, en charge des procédures de reconnaissance. Actuellement deux dossiers sont en cours de réalisation : 

  • La révision du cahier des charges du Jambon d’Ardenne IGP
  • La Fraise de Wépion

Les autres produits labellisés en tant qu’IGP depuis la création d’AgriLabel :

  • Plate de Florenville IGP
  • Saucisson d’Ardenne IGP
  • Collier Ardenne IGP
  • Pipe d’Ardenne IGP
  • Escavèche de Chimay IGP
  • Saucisson gaumais IGP

Le projet Agrilabel

Créé en 2011 à l’initiative du Service public de Wallonie et soutenu par le Cabinet de la Ministre wallonne de l’Agriculture, AgriLabel accompagne les producteurs dans l’obtention de labels de qualité européens (AOP, IGP et STG) ou régional (Label Qualité Plus). Ce travail repose sur un partenariat entre l’Université de Liège – Gembloux Agro‑Bio Tech et l’UNamur.

Dans ce cadre, l’Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech se concentre principalement sur la caractérisation du produit et le savoir-faire des producteurs ainsi que la délimitation de l’aire géographique de production. De son côté, l’UNamur se charge de démontrer le lien sociohistorique entre le produit et son terroir, la notoriété de la dénomination dans le temps et sa réputation, éléments essentiels pour la reconnaissance d’une dénomination en tant qu’AOP ou IGP.

Natacha Aucuit, chercheuse spécialisée en histoire de l’alimentation à l’UNamur et membre de l'ILEE et Transitions, apporte, sous la supervision de la Professeure Isabelle Parmentier, une contribution clé au sein de la cellule AgriLabel. Depuis 2013, elle s’attelle à l’élaboration des demandes d’enregistrement de dénominations ou de modification pour des produits comme la Fraise de Wépion ou le Jambon d’Ardenne IGP. Son rôle consiste principalement à établir un lien historique documenté entre le produit et son terroir, en s’appuyant sur des recherches rigoureuses et une démarche scientifique.

Les archives du Moyen Âge central sous la loupe de Jean-François Nieus

Histoire

Jean-François Nieus, maître de recherche F.R.S-FNRS depuis près de 20 ans à l’UNamur, se présente volontiers comme un « chasseur de documents ». Passionné par les mystères du Moyen Âge, il explore une époque encore marquée par les zones d’ombre et les clichés. Son principal terrain d’étude ? Les pratiques documentaires de l’aristocratie du Nord de la France et des anciens Pays-Bas méridionaux, qui lèvent le voile sur les rouages politiques, sociaux et culturels à l’œuvre entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècles.

JF Nieus
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JF Nieus

 «J’ai du mal à définir précisément mon domaine de recherche car je m’intéresse à beaucoup de choses ! Mais s’il y a un fil conducteur, c’est le contact avec le document 

Jean-François Nieus Chercheur, chargé de cours en paléographie, latin médiéval et « diplomatique » (étude des chartes) et directeur du centre de recherche PraME

Un fil que Jean-François Nieus tire depuis une vingtaine d’année et qui s’inscrit dans la dynamique de recherche sur les usages de l’écrit, qui érige le document en objet d’histoire à part entière. Cette approche, développée depuis quelques décennies, éclaire la société médiévale sous toutes ses dimensions : culturelles, bien sûr, mais aussi sociales, politiques, économiques et religieuses. « L’écrit est rare au début du Moyen Âge. Il gagne progressivement en importance dans les pratiques sociales, avec un palier très net aux XIIe et XIIIe siècles – donc durant le Moyen Âge central – où l’on se met à écrire beaucoup plus et où l’on diversifie les formats et les fonctions de l’écrit », explique-t-il. 

Des sources rares et précieuses

Jean-François Nieus s’intéresse en particulier aux productions documentaires associées à l’exercice du pouvoir princier et à la gestion seigneuriale, à l’intérieur d’un espace qui s’étend du monde anglo-normand aux Pays-Bas méridionaux. Les archives princières et nobiliaires sont essentielles pour comprendre les rapports de domination à l’âge dit « féodal », celui des principautés territoriales et de la seigneurie châtelaine, mais aussi les questions d’identité familiale et de lignage qui sont au cœur des préoccupations de l’aristocratie. « Après le milieu du XIIe siècle, la plupart des familles nobles commencent à tenir des archives, d’abord faites de quelques chartes reçues, mais bientôt enrichies de leurs propres productions administratives. Si la majorité de ces fonds laïques ont aujourd’hui disparu, des indices prouvent leur existence », détaille-t-il. Les aléas de l’histoire des grandes familles et la Révolution française ont en effet contribué à un phénomène de déperdition des fragiles documents, si bien qu’il ne reste aujourd’hui qu’une poignée d’archives des XIIe-XIIIe siècles.

Celles étudiées par Jean-François Nieus couvrent néanmoins une large palette typologique : ce sont tout à la fois des « chartriers » (ensembles de chartes originales), des « cartulaires » (recueils de copies de chartes), des « formulaires » (recueils de modèle de chartes et de lettres), des « censiers » (descriptions des biens et revenus relevant d’une seigneurie), des listes de vassaux et de fiefs, des comptabilités, etc.

Jean-François Nieus mène également des travaux d’édition critique. Il publiera bientôt les archives de la famille de Béthune (actuel Pas-de-Calais), ainsi que celles d’une petite abbaye liée à ces seigneurs, Saint-Jean-Baptiste de Chocques, dont il reconstitue le fonds mutilé à la Révolution française.

Un travail patient et minutieux de découverte, de déchiffrement, d’étude et de publication de sources parfois très dispersées, qui contribue à restituer la mémoire d’une époque et à enrichir la documentation accessible aux chercheurs.

Aux sources de l’imaginaire chevaleresque

A côté des écrits administratifs, Jean-François Nieus se passionne aussi pour une science auxiliaire de l’histoire : la « sigillographie », l’étude des sceaux. Ces petites galettes de cire annexées aux documents officiels constituent en effet une fenêtre inédite sur les représentations culturelles de l’époque. Elles montrent notamment comment s’impose, après 1066, sous l’influence de Guillaume le Conquérant, une image nouvelle : celle du chevalier sur sa monture lancée au galop, arme au poing. Ce motif, tout à fait neuf à cette période, se diffuse rapidement parmi les princes et la noblesse, devenant un marqueur fort de la chevalerie.

En suivant cette évolution, Jean-François Nieus retrace également la diffusion des armoiries – l’héraldique –, qu’il voit naître au début du XIIe siècle dans le nord de la France et l’espace anglo-normand. Sceaux équestres, signes héraldiques et rites chevaleresques comme les tournois composent ainsi une communauté culturelle qui s’invente et s’affirme dans cet espace.

Dépasser les clichés sur le Moyen Âge

Si le Moyen Âge fascine tant Jean-François Nieus, c’est sans doute pour son étrangeté : un monde très éloigné du nôtre, souvent déformé par les stéréotypes. « C’est une période difficile à vulgariser car elle est extrêmement différente de la nôtre, même si, en réalité, nous lui devons beaucoup. De plus, sa perception est entachée de nombreux clichés et le grand public porte encore sur elle un regard très négatif, reflété dans le langage courant par le sinistre adjectif ‘moyenâgeux’ », observe le chercheur.

Les causes de cette conception si négative ? Le regard porté par les intellectuels des époques suivantes, qui y ont vu l’origine de tous les archaïsmes qu’ils souhaitaient combattre. Les historiens du XIXe siècle, qui ont donné à la discipline son assise scientifique, ont eux aussi transmis des interprétations erronées, que la recherche contemporaine corrige petit à petit. 

Bio express :

Historien formé à Namur et Louvain-la-Neuve, Jean-François Nieus est maître de recherche du F.R.S.-FNRS et professeur à l’UNamur depuis 2006. Il préside le centre « Pratiques médiévales de l’écrit » (PraME), intégré à l’institut « Patrimoines, Transmissions, Héritages » (PaTHs).

Jean-François Nieus a participé à l’épisode 1 de la saison 3 du documentaire « Batailles de légende », portant sur la grande bataille de Bouvines, entre le roi de France Philippe Auguste et une coalition réunie par le roi d'Angleterre Jean sans Terre (1214).

Des manuscrits oubliés pour raconter la christianisation au Moyen Âge

Histoire

Matthieu Pignot, chercheur au département d’histoire et membre du centre de recherche PraME, vient d’obtenir le titre de Chercheur qualifié FNRS pour ses travaux sur la transmission des savoirs religieux entre l’Antiquité et le Moyen Âge. L’originalité de sa recherche réside dans l’étude d’écrits peu ou pas connus des historiens dans le contexte de christianisation de l’Europe.

Matthieu Pignot

Pour comprendre comment s’est opérée la transition vers le Christianisme, les chercheurs se tournent généralement vers les grands auteurs et notamment saint Augustin, figure incontournable de l’Antiquité chrétienne dont on a préservé le plus d’écrits. À côté de ses œuvres les plus connues (comme La Cité de Dieu ou Les Confessions), Saint Augustin est également l’auteur de courts traités portant sur des pratiques comme le mariage ou le baptême. « Dans mes premières recherches postdoctorales, je cherchais à comprendre comment ces petits textes d’Augustin, et d’autres sources d’Afrique du Nord, ont circulé en Occident entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge. Il s’agit d’une période de mixité religieuse où les premières communautés chrétiennes mettent en place des systèmes d’initiation et d’enseignement », explique Matthieu Pignot.

Très vite, l’intérêt du chercheur se tourne aussi vers des textes anonymes ou pseudépigraphes (attribués erronément à un auteur connu), tombés dans l’oubli au profit d’écrits d’auteurs, et qui abordent également ces questions d’éducation religieuse. « C’est le point de départ de mon projet de recherche. Ces textes sont difficiles à étudier car, circulant sous plusieurs noms, on ne connait pas leur auteur véritable. On ignore qui les a écrits et on connaît mal leur transmission ancienne et médiévale. Ce sont précisément ces zones d’ombre qui les rendent très intéressants », poursuit l’historien.

Pour aborder cette question, Matthieu Pignot part de deux corpus de textes : d’un côté, une collection de 80 sermons attribués à tort à Fulgence de Ruspe et, de l’autre, une traduction latine d’une collection anonyme de maximes philosophiques grecques par Rufin d’Aquilée (IV-Ve siècle), un auteur qui a joué un rôle important dans la transmission de la pensée grecque à la fin de l’Antiquité en Occident.

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Portrait Matthieu Pignot

Il s’agit de textes humbles, courts et accessibles, qui visent à transmettre une éducation simple et rudimentaire. Dans cette période de grands changements et de diffusion du christianisme comme religion dominante, ces écrits offrent des indices précieux sur l’évolution de l’éducation religieuse.

Matthieu Pignot Chercheur qualifié FNRS

Faire exister ces écrits grâce aux outils numériques

La méthodologie privilégiée par Matthieu Pignot pour cette recherche implique le recours à l’édition numérique. L’objectif ? « Faire exister et valoriser ces textes qui n’ont pas le privilège d’avoir un nom d’auteur et dont certains n’ont même pas été imprimés. De plus, les outils d’analyse stylistique et linguistique permettront peut-être de donner des indications sur l’auteur, ou au moins de grouper les textes, sur base de tics d’écriture récurrents. »

Avec ce projet, Matthieu Pignot a également pour ambition de développer le volet de transcription automatisée des manuscrits, encore en développement. « Mon objectif est de contribuer à l’amélioration de ces outils grâce à mes propres transcriptions et de participer à la dynamique d’intérêt pour les manuscrits médiévaux dans les archives et les bibliothèques », conclut le chercheur.

CV express

Matthieu Pignot a un parcours tourné vers l’international. Formé à l'UCLouvain, il s’est spécialisé dans l’histoire de l’Antiquité et l’histoire du Moyen Age. Il poursuit ses études à l’École Pratique des Hautes Études de Paris puis à l’Université d’Oxford où il défend sa thèse de doctorat. Après sa thèse, il a notamment participé à un projet ERC sur le culte des saints dans le monde chrétien occidental (Université d’Oxford – Université de Varsovie).

Portrait Matthieu Pignot

Matthieu Pignot est membre du centre de recherche PraME (« Pratiques médiévales de l’écrit »), qui fait partie de l’institut de recherche PaTHs (« Patrimoines, Transmissions, Héritages »). Il collabore également avec l’Institut d’études augustiniennes (Paris) et avec l’Université de Nimègue.

35 ans entre deux accélérateurs – Le voyage de Serge Mathot, ou l’art de souder l’histoire à la physique

Alumni
Physique et astronomie
Patrimoine, culture et sociétés
Matériaux, énergie et environnement

Un pied dans le passé, l’autre dans l’avenir. De la granulation étrusque à l’analyse PIXE, Serge Mathot a construit une carrière unique, entre patrimoine scientifique et accélérateurs de particules. Portrait d’un alumni passionné, à la croisée des disciplines. 

Photo de Serge Mathot (CERN) lors de sa visite à l'UNamur en mai 2025

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre vos études puis votre doctorat en physique ?

J’étais fasciné par le domaine de recherche d’un de mes professeurs, Guy Demortier. Il travaillait sur la caractérisation de bijoux antiques. Il avait trouvé le moyen de différencier par analyse PIXE (Proton Induced X-ray Emission) les brasures antiques et modernes qui contiennent du Cadmium, la présence de cet élément dans les bijoux antiques étant controversée à l’époque. Il s’intéressait aux méthodes de brasage antiques en générale et à la technique de granulation en particulier. Il les étudiait au Laboratoire d’Analyses par Réaction Nucléaires (LARN). Le brasage est une opération d'assemblage qui s'obtient par fusion d'un métal d'apport (par exemple à base de cuivre ou d’argent) sans fusion du métal de base. Ce phénomène permet à un métal liquide de pénétrer d’abord par capillarité et ensuite par diffusion à l’interface des métaux à assembler et de rendre la jonction permanente après solidification. Parmi les bijoux antiques, on trouve des brasures faites avec une incroyable précision, les techniques antiques sont fascinantes.

L’étude de bijoux antiques ? On ne s’attend pas à cela en physique.

En effet, c’était l’un des domaines de recherche de l’époque à Namur : les sciences du patrimoine. Le professeur Demortier menait des études sur différents bijoux mais ceux fabriqués par les Étrusques en utilisant la technique dite de granulation, qui est apparue en Éturie au 8è siècle avant JC, est particulièrement incroyable. Elle consiste à déposer sur la surface à décorer des centaines de granules d'or minuscules pouvant atteindre jusqu'à deux dixièmes de millimètre de diamètre et de les fixer sur le bijou par une brasure sans en altérer la finesse. Je me suis donc ainsi formé aussi aux techniques de brasage et à la métallurgie physique.

La caractérisation des bijoux grâce à l’accélérateur de particules du LARN, qui permet une analyse non destructive, donne des informations précieuses pour les sciences du patrimoine. 

C’est d’ailleurs un domaine de collaborations actuel entre le Département de physique et le Département d’histoire de l’UNamur (NDLR: notamment au travers du projet ARC Phoenix).

Statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN (1990)
Statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN (1990)

En quoi cela vous a-t-il permis d’obtenir un poste au CERN ?

J’ai postulé un poste de physicien au CERN dans le domaine du vide et des couches minces mais j’ai été invité pour le poste de responsable du service de brasage sous vide. Ce service est très important pour le CERN car il étudie les méthodes d’assemblage de pièces particulièrement délicates et précises pour les accélérateurs. Il fabrique également des prototypes et souvent des pièces uniques. Grosso modo, le brasage sous vide est la même technique que celle que nous étudions à Namur à part qu’elle s’effectue dans une chambre à vide. Cela permet de ne pas avoir d’oxydation, d’avoir un mouillage parfait des brasures sur les parties à assembler et de contrôler très précisément la température pour obtenir des assemblages très précis (on parle de microns !). Je n’avais jamais entendu parler de brasage sous vide mais mon expérience acquise sur la brasure des Etrusques, la métallurgie et mon cursus en physique appliquée telle qu’elle est enseignée à Namur à particulièrement intéressé le comité de sélection. Ils m’ont engagé tout de suite !

Le parcours de Serge Mathot

Parlez-nous du CERN et des projets qui vous occupent

Le CERN est principalement connu pour héberger des accélérateurs de particules dont le célèbre LHC (Grand Collisionneur de Hadrons), un accélérateur de 27 km de circonférence, enterré à environ 100 m sous terre, qui accélère les particules à 99,9999991% de la vitesse de la lumière ! Le CERN a plusieurs axes de recherche en technologie et innovation dans de nombreux domaines : la physique nucléaire, les rayons cosmiques et la formation des nuages, la recherche sur l’antimatière, la recherche de phénomènes rares (comme le boson de Higgs) et une contribution à la recherche sur les neutrinos. C’est aussi le berceau du World Wide Web (WWW). Il y a aussi des projets dans la thématique soins de santé, médecine et des partenariats avec l’industrie. 

La physique nucléaire du CERN est bien différente de celle qu’on fait à l’UNamur avec l’accélérateur ALTAÏS. Mais ma formation en physique appliquée (namuroise) m’a permis de m’intégrer sans soucis dans différents projets de recherche.

Plateforme technologique SIAM - Accélérateur ALTAïS IBMM
Accélérateur ALTAÏS (plateforme technologique Synthèse, Irradiation et Analyse de matériaux - SIAM)

Pour ma part, en plus du développement des méthodes de brasage sous vide, domaine dans lequel j’ai travaillé plus de 20 ans, j’ai beaucoup travaillé en parallèle pour l’expérience CLOUD. Pendant plus de 10 ans et jusque récemment j’en ai été le Coordinateur Technique. CLOUD est une petite mais fascinante expérience au CERN qui étudie la formation des nuages et utilise un faisceau de particules pour reproduire en laboratoire le bombardement atomique à la manière des rayonnements galactiques dans notre atmosphère. A l’aide d’une chambre à nuage ultra propre de 26 m³, de système d’injection de gaz très précis, de champs électriques, de systèmes de lumière UV et de multiples détecteurs, nous reproduisons et étudions l’atmosphère terrestres afin de comprendre si effectivement les rayons galactiques peuvent influencer le climat. Cette expérience fait appelle à différents domaines de physique appliquée et mon parcours à l’UNamur m’a encore bien aidé. 

J’ai été aussi responsable pour le CERN du projet MACHINA –Movable Accelerator for Cultural Heritage In situ Non-destructive Analysis – réalisé en collaboration avec l’Istituto Nazionale di Fisica Nucleare (INFN), section de Florence - Italie. Nous avons créé ensemble le premier accélérateur de protons portable pour l’analyse in-situ et non-destructive pour les sciences du patrimoine. MACHINA doit être utilisé prochainement à l’OPD (Opificio delle Pietre Dure), l’un des plus anciens et prestigieux centres de restauration d’œuvres d’art situé également à Florence. L’accélérateur est destiné à voyager aussi dans d’autres musées ou centres de restauration.

Actuellement, je m’occupe du projet ELISA (Experimental LInac for Surface Analysis). Avec ELISA, nous faisons fonctionner un véritable accélérateur de protons pour la première fois dans un lieu ouvert au public : le Portail de la Science (SGW – Science Gateway), le nouveau centre d'exposition permanent du CERN. 

L'accélérateur ELISA du CERN
Accélérateur ELISA (CERN)

ELISA utilise la même cavité accélératrice que MACHINA. Le public peut observer un faisceau de protons extrait à quelques centimètres de leurs yeux. Des démonstrations sont organisées pour montrer différents phénomènes physiques, tels que la production de lumière dans les gaz ou la déviation du faisceau avec des dipôles ou des quadrupôles par exemple. La méthode d'analyse PIXE est également présentée. ELISA est aussi un accélérateur performant que nous utilisons pour des projets de recherche dans le domaine du patrimoine et d’autres comme les couches minces qui sont beaucoup utilisées au CERN. La particularité est que les scientifiques qui viennent travailler avec nous le font devant le public !

Une anecdote à raconter ?

Je me souviens qu’en 1989, je finissais de taper la veille de l’échéance et en pleine nuit mon rapport pour ma bourse IRSIA. Le dossier devait être remis le lendemain à minuit au plus tard. Il n’y avait que très peu d’ordinateurs à l’époque et j’ai donc tapé mon rapport en dernière minute sur le Mac d’une des secrétaires. Une fausse manœuvre et paf ! toutes mes données avaient disparu, grosse panique !!! Le lendemain, la secrétaire m’a aidé à restaurer mon fichier, nous avons imprimé le document et je suis allé le déposer directement dans la boîte aux lettres à Bruxelles, où je suis arrivé après 23h, in extremis, car à minuit, quelqu’un venait fermer la boîte aux lettres. Heureusement, la technologie bien a évolué depuis...

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Photo de Serge Mathot

Et je ne résiste pas à vous partager deux images que 35 ans séparent !

A gauche, une statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN - UNamur (photo 1990) et à droite, copie (en Laiton) de la Dame de Brassempouy, analysée avec ELISA - CERN (2025). 

Le « photographe » est le même, la boucle est bouclée…

Serge Mathot Serge Mathot, Referent Applied Physicist (CERN)
A gauche, Statuette en Or (Egypte), env. 2000 ans av.J.C, analysée au LARN (photo 1990) – A droite, copie (en Laiton) de la Dame de Brassempouy, analysée avec ELISA (2025)

La proximité entre enseignement et recherche inspire et questionne. Cela permet aux étudiants diplômés de s’orienter dans de multiples domaines de la vie active. 

Venez-faire vos études à Namur !

Serge Mathot (mai 2025) - Interview par Karin Derochette

Pour aller plus loin

CERN - le portail de la science

Le Portail de la Science du CERN

Cet article est tiré de la rubrique "Alumni" du magazine Omalius #38 (Septembre 2025).

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Angela Cossu (Université Grenoble Alpes)

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Le Florilegium prosodiacum Florentino- Erlangense (XI|® siècle) : à l'aube d'une révolution cistercienne de l'écrit ?

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2026 16:15 - 18:15
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Personne de contact :  Renard Etienne

La diplomatique des archevêques de Rouen (1130-1207) : caractéristiques, spécificités, évolutions.

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Conférence IBAF 2026

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2026 15:00
Université de Namur - rue de Bruxelles, 61 - 5000 Namur
Personne de contact :  Colaux Julien

Seize ans après avoir accueilli l’édition 2010, l’UNamur est heureuse de renouer avec cette tradition scientifique et d’accueillir la 11e édition des Rencontres Ion Beam Applications Francophones (IBAF). L’organisation de cette édition sera portée par les scientifiques du Département de physique de l’UNamur actifs dans le domaine de la science des matériaux, de la biophysique et des applications interdisciplinaires des faisceaux d’ions.

Logo de la conférence IBAF 2026 (UNamur, 8-11 septembre 2026)

Les Rencontres IBAF sont organisées depuis 2003, avec une périodicité de 2 ans depuis 2008, par la Division Faisceaux d’Ions de la Société Française du Vide (SFV), doyenne des sociétés nationales du vide dans le monde qui a célébré en 2025 son 80e anniversaire.

Comme lors des éditions précédentes, IBAF 2026 proposera un programme riche et varié avec des conférences invitées, des communications orales et posters et des sessions techniques. Le tout agrémenté d’une présence industrielle pour favoriser les échanges entre recherche et innovation. 

La conférence couvrira un large éventail de thématiques, allant des instruments et techniques de faisceaux d’ions, à la physique des interactions ions-matière, en passant par l’analyse et la modification de matériaux, les applications aux sciences de la vie, aux sciences de la terre et de l’environnement, ainsi qu’aux sciences du patrimoine.

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Direction

Bénédicte ROCHET

Directrice du département d'histoire

Manon VILAIN

Secrétaire des départements