Créé en 1978, le Département de psychologie a réalisé de nombreuses recherches dans différents domaines des sciences humaines et sociales ainsi que de la santé, avec un intérêt tout particulier pour les personnes vulnérables, les neurosciences et l’eHealth.

Le Département de psychologie dispense principalement des enseignements au sein de la Faculté de médecine. Dans les sciences humaines et sociales, il a acquis une réputation nationale et internationale dans la réalisation d’études qualitatives portant sur la personne souffrant de troubles physiques ou psychiques. Actuellement, le département construit une large enquête longitudinale sur le bien-être et collabore à des recherches sur les risques psychosociaux au travail et en entreprise. Ces recherches ont conduit à la publication de 200 articles et une vingtaine de livres, ainsi qu’à la participation à de nombreuses conférences scientifiques et de vulgarisation.  

Dans le secteur de la santé, le département s’est particulièrement intéressé aux neurosciences, en particulier avec la réalisation d’une batterie de tests attentionnels, utilisée couramment en clinique (BAWL, Batterie Attention William Lennox). Il possède également une plateforme technologique en comportement animal murin permettant de tester des populations génétiquement modifiées ainsi que l’utilisation de molécules dérivées de la recherche, et travaille dans le domaine des neurosciences systémiques avec l’utilisation d’imagerie médicale. Enfin, le département collabore avec un psychiatre hypnothérapeute pour mieux comprendre les mécanismes liés au fonctionnement de l'hypnose. 

Le département travaille dans le domaine de l’eHealth et collabore à des projets de recherche utilisant les applications mobiles pour traquer la santé et le bien-être.

En savoir plus sur le Département de psychologie

SVG

La formation

Voir le contenu
SVG

La recherche

Voir le contenu
SVG

Contacts

Voir le contenu

À la une

Actualités

Un jeu immersif pour renforcer la collaboration interprofessionnelle dans les soins de santé

Médecine
Pharmacie
Pédagogie

Ce jeudi 12 mars, les étudiants du master de spécialisation en médecine générale et du master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières de l’Henallux se sont réunis pour tester « Le voyage d’Eugène », un jeu immersif créé dans le cadre d’un projet PUNCh (Pédagogie Universitaire Namuroise en Changement). Cet outil de ludopédagogie a été conçu pour renforcer la communication et la collaboration entre futurs professionnels de la santé. Après une phase de jeu, un débriefing structuré a été proposé aux étudiants afin de transformer l’expérience en apprentissage collectif.

Etudiantes autour d'un jeu de plateau

Ce projet PUNCh mené par Hélène Givron, maître de conférences et coordinatrice pédagogique au Département de psychologie de l’Université de Namur, est destiné à répondre aux besoins pédagogiques en formation interprofessionnelle. Le souhait était de concevoir un outil ludique, modulable et réutilisable dans différents contextes, afin de répondre à un enjeu important du terrain. 

L’objectif principal de cet atelier était de renforcer la communication et la collaboration interprofessionnelle dans le domaine de la santé. Une équipe multidisciplinaire s’est donc constituée, composée de représentantes et de représentants des différents secteurs : Catherine Magnette (Chargée d’enseignement, département de médecine), Romain Siriez (Coordinateur pédagogique, département de pharmacie) et Laura Demarthe (Assistante, département de psychologie), afin de réunir les étudiants du  Master de spécialisation en médecine générale et de master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières (Hénallux) autour de ces problématiques.

Une phase de jeu immersive pour expérimenter la collaboration en milieu hospitalier

L’atelier se basait sur le jeu de plateau « Le voyage d’Eugène », conçu par Christine Laurent (médecin hygiéniste et ludopédagogue) et inspiré du principe de l’escape game, conçu pour faire vivre aux étudiants une expérience immersive et collaborative. Les participants étaient répartis en équipes de trois à quatre joueurs, composées d’un médecin, d’un infirmier et d’un ou deux pharmaciens, afin d’encourager l’interprofessionnalité. Chaque équipe devait progresser dans un scénario en résolvant une succession d’énigmes en 45 minutes, sous l’œil attentif de formateurs. Pour y parvenir, les étudiants devaient collaborer et s’appuyer sur la communication verbale afin d’échanger leurs idées, partager leurs informations et coordonner leurs actions

Jeu de plateau

Cet outil pédagogique mobilise différentes compétences essentielles au travail en équipe, comme l’écoute active, la capacité à formuler clairement ses idées, la coordination des tâches et la prise de décision collective. Chaque énigme constituait un défi nécessitant une réelle coopération entre les membres du groupe car aucune solution ne pouvait être trouvée individuellement. 

Un débriefing structuré pour transformer l’expérience en apprentissage

Après la phase de jeu, un temps de débriefing a été organisé avec l’ensemble des participants. Ce moment d’échange visait à discuter de l’expérience vécue durant l’atelier et à amener les étudiants à réfléchir aux notions de collaboration et de communication interprofessionnelle dans le contexte des soins de santé. Le jeu a servi de support pour montrer certaines situations de coopération, mais aussi pour révéler des difficultés de coordination ou de transmission d’informations. Le débriefing a ainsi permis d’engager un dialogue entre les étudiants issus des différentes filières autour des freins et des leviers d’une communication efficace. Les participants ont eu l’opportunité de partager leur ressenti, confronter leurs points de vue et discuter des stratégies favorisant une meilleure collaboration entre professionnels de santé. 

Les objectifs pédagogiques de l’atelier étaient bien définis :

  • Aborder les compétences nécessaires à la collaboration interprofessionnelle, telles que la communication et la prise de décision collective.
  • Identifier les leviers et les freins à la collaboration interprofessionnelle.
  • Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins grâce à une meilleure coordination entre professionnels.

En 1h45, il est sans doute utopique d’espérer atteindre une amélioration des compétences des étudiants. On espère toutefois qu’ils auront une meilleure représentation de la communication interprofessionnelle. On tente de semer des petites graines pour leur futures pratiques collaboratives. 

Hélène Givron Maître de conférences et coordinatrice pédagogique

Témoignages d'étudiants

« J’espère que cette expérience va induire un changement dans la pratique. Le jeu donne des moyens de s’imposer, surtout en tant que jeune médecin lorsque l’on doit s’intégrer dans des équipes avec des personnes qui ont plus d’expérience. Cela permet de s’affirmer et de développer sa confiance en soi. » -  Yorick, étudiant en médecine 

« On s’attendait à une activité avec un contenu exclusivement « médical » sur base des informations que l’on avait reçues. Cette expérience originale nous sort du cadre des mises en situation habituelles » - Margaux, étudiante en médecine 

« J’ai trouvé cet atelier adéquat, ça apporte un plus et c’est très intéressant. Nous n’avons jamais de simulations axées sur la collaboration. Ce serait intéressant d’intégrer cela dans le cursus » - étudiante en sciences infirmières

Un outil polyvalent

Le jeu « Le voyage d’Eugène » a été conçu par le Dr. Christine Laurent, médecin hygiéniste et ludopédagogue avec la collaboration d’Emeline Boreux, graphiste et illustratrice. « Le développement du jeu s’est étalé sur un an et demi, le temps de concevoir une structure suffisamment robuste pour accueillir des énigmes variées et des objectifs pédagogiques multiples. Sa polyvalence repose sur la possibilité de modifier l’énigme centrale, d’adapter les indices et d’orienter le débriefing vers différentes compétences selon les publics.  Cet outil peut en effet être transposé à d’autres disciplines, telles que la gestion de projet ou l’ingénierie par exemple », explique Christine Laurent, conceptrice du jeu.

Jeu Le Voyage d'Eugène

L’interactivité au cœur du cursus de médecine générale

Cette expérience s’inscrit dans le cadre d’une série de journées immersives proposées aux étudiants du Master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur. « Les étudiants sont principalement en stage durant leur master. Ils ont toutefois plusieurs journées plus académiques lors desquelles nous nous efforçons de développer des activités interactives », explique Catherine Magnette, Chargée d’enseignement et médecin généraliste. Les prochains ateliers porteront ainsi sur la collaboration interprofessionnelle en cas d’épidémie en maison de repos et sur la collaboration avec les médecins-conseil et médecins du travail.

Etudiants autour d'un jeu de plateau

Des méthodes innovantes pour évaluer la perception corporelle chez les adultes autistes

Psychologie
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure

Joanna Mourad, doctorante au Département de psychologie de la Faculté de médecine de l’UNamur, vient de publier une étude qui intègre des outils digitaux dynamiques pour mieux évaluer la perception du corps chez les personnes autistes.  Explications.

Représentation irréelle d'une personne tenant un miroir

Tout le monde pense savoir ce qu’est l’autisme. On imagine un personnage-cliché comme celui du film Rain Man, une espèce de génie qui présente un tas de troubles obsessionnels ainsi que des problèmes de communication et de sociabilisation.  Pourtant, Rain Man ne présente qu’un aspect des symptômes plus ou moins exacerbés que les personnes autistes peuvent avoir.  Certains peuvent masquer leurs symptômes et font beaucoup d’efforts pour s’adapter.  Quand on les croise, notre tendance est de les qualifier de personnes « particulières », obsessionnelles, haut perchées, à la limite du génie ou un peu « bizarres ». 

Joanna Mourad s’intéresse aux personnes autistes et surtout à leur perception du corps, qu’on appelle en jargon professionnel « les représentations corporelles ».  Originaire du Liban, elle a obtenu un diplôme de psychomotricienne en 2018 à l’Université Saint Joseph de Beyrout. Depuis 2023, elle effectue une double thèse (BOF UHasselt-UNamur) au Département de psychologie de la Faculté de médecine.

Représentations corporelles – Quézako ?

Prenez quelques instants pour vous observer dans un miroir.  Que vous renvoie votre image ?  Sur quoi votre regard se pose-t-il en premier ?  Voyez-vous vos complexes, vos fiertés ? Bougez-vous comme vous le souhaitez ?

Les représentations corporelles, sont nos représentations mentales uniques et personnelles.  Elles peuvent être objectives ou subjectives par rapport à la réalité ou au moment, satisfaisantes ou non et évoluer au fil du temps en fonction de notre vécu.  Ce qui est sûr, c’est que nos expériences sensorielles et émotionnelles impactent directement notre personne, que ce soit dans nos relations, nos comportements, ou encore notre humeur …

Chez les personnes autistes, l’impact sur la santé physique et mentale est encore plus grand.  Cela représente un réel défi car elles vivent en moyenne 10 à 20 ans de moins qu’une autre personne.  Elles développent aussi plus de maladies cardio-vasculaires à cause de leur état de stress quasi permanent.  Le taux de suicide est également 9 fois plus élevé. 

C’est pourquoi il est très important de mieux comprendre comment les personnes autistes perçoivent leur corps.  Des techniques d’évaluation existent déjà mais il s’agit pour la plupart de questionnaires d’auto-évaluation en lien avec l’image et les performances du corps. 

Perspectives pour une évaluation multisensorielle

Il manquait une approche holistique qui prenne en compte les comportements de manière continue et en temps réel. 

Dans son article “Innovative Digital Phenotyping Method to Assess Body Representations in Autistic Adults: A Perspective on Multisensor EvaluationJoanna Mourad recueille des données à un moment donné et sur une période prolongée, et les analyse en combinant techniques traditionnelles et outils modernes.

Cette approche innovante repose sur des techniques telles que des évaluations écologiques momentanées (en temps réel dans la vie quotidienne) et des analyses de séries temporelles (via des appareils connectés comme des montres ou des smartphones, …), afin de saisir les dynamiques et les changements dans leur expérience au fil du temps.  Pour traiter les données recueillies, les chercheurs ont recours à des outils statistiques avancés, comme la régression multivariée, l’analyse de séries temporelles et des algorithmes d’intelligence artificielle. Ces outils permettent de mieux comprendre les multiples facteurs influençant la perception du corps chez les personnes autistes. 

Dans le développement de cette méthode, l’équipe accorde une importance particulière à l’éthique et à l’implication des personnes concernées et tient compte des défis potentiels, tels que l’adoption variable des technologies et leur accessibilité.

Cette approche révolutionne l’évaluation de la perception du corps en intégrant des outils traditionnels et dynamiques, tout en offrant un environnement d’évaluation plus bienveillant et adapté aux personnes autistes.

Les activités récentes

Le 16 novembre 2024, Joanna Mourad a pu présenter son étude à plus de 600 personnes lors d’un talk à la 2e conférence Occitane de psychomotricité de Montpelier. 

En octobre 2024, Joanna Mourad avait participé à la formation « Autisme sans handicap intellectuel chez l’adulte et l’adolescent : de la clinique à la pratique » animée par la Professeure Bernadette Grosjean, une des expertes du sujet.  Cette formation était organisée à l’Université de Namur par le centre de formation continue "Santé mentale et psychiatrie".

"C’est grâce à Bernadette Grosjean que ma perception des personnes autistes a profondément évolué, ce qui a transformé ma manière de mener mes recherches dans le domaine sous une perspective neuro-affirmative. Je tiens également à exprimer toute ma reconnaissance envers mes deux promoteurs, Martin Desseilles et Bruno Bonnechère, qui m’ont énormément apporté et soutenue tout au long de ce parcours ainsi qu’à ma co-promotrice Katleen Bogaerts et mon comité d’accompagnement", explique Joanna Mourad.

Image
Photo de Joanna Mourad

Par rapport à ma double thèse entre la Flandre et la Wallonie, je suis confrontée à deux mondes riches et diversifiés dont j’apprends doublement. Je suis très fière de mes résultats qui ouvrent de nouvelles perspectives. J’estime avoir vraiment beaucoup de chance !

Joanna Mourad Doctorante au Département de psychologie

Recherche et enseignement au Département de psychologie

Créé en 1978, le Département de psychologie a réalisé de nombreuses recherches dans différents domaines des sciences humaines et sociales ainsi que de la santé, avec un intérêt tout particulier pour les personnes vulnérables, les neurosciences et l’eHealth.

Dans les sciences humaines et sociales, le Département a acquis une réputation nationale et internationale dans la réalisation d’études qualitatives portant sur la personne souffrant de troubles physiques ou psychiques. Il dispense principalement des cours à la Faculté de médecine et dans le cadre de la formation continue, aux professionnels de la santé, notamment avec le Certificat interuniversitaire « Double diagnostic » dont la prochaine édition aura lieu à partir de septembre 2025.

Appel Bourse BOF 2025

L'appel conjoint UHasselt-UNamur pour des bourses de doctorat est ouvert, dans le cadre du Fonds FSR, qui finance des bourses de doctorat. 

Ce financement est ouvert aux candidats (sans restriction de sexe, de nationalité ou d'âge) qui souhaitent préparer leur doctorat en collaboration entre UNamur et UHasselt. Deadline de remise des dossiers : 03/03/2025.

Informations et contact : secretariat.adre@unamur.be

Former les médecins de demain : retour sur l'intervention de l’ASBL PAH

Médecine
Psychologie
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 4 - Éducation de qualité

Dans le cadre des travaux pratiques (TP) de psychologie médicale de la Faculté de médecine de l’Université de Namur, une intervention marquante a eu lieu. Un binôme, composé de Dominique Damas, patiente experte et membre active de l’ASBL PAH (Plateforme Annonce Handicap), et du Dr Latteur, médecin, est venu partager son expérience sur un sujet aussi délicat qu’essentiel : l’annonce de mauvaises nouvelles ou de diagnostics graves aux patients et patientes. 

Médecins et patiente en consultation

Avec l’appui des enseignantes Hélène Cocriamont, Laura Demarthe et Hélène Givron, ces TP s’inscrivent dans le cadre du cours de psychologie médicale dirigé par le Professeur M. Desseilles. Leur objectif est de renforcer les compétences en communication professionnelle en santé des étudiants et étudiantes en médecine. 

Dominique Damas, mère de trois enfants atteints du syndrome de l’X Fragile, a témoigné de ses expériences personnelles d’annonces de mauvaises nouvelles. Trois fois, elle a dû faire face à l’épreuve de recevoir ce diagnostic pour ses enfants. À travers son vécu, elle a développé une expertise qu’elle met aujourd’hui au service des autres. Cette démarche lui a permis de transformer une épreuve personnelle en engagement collectif, en rejoignant des associations dédiées au handicap. 

Sa collaboration avec le Dr Latteur a permis aux étudiants de saisir les enjeux d’une communication soignant-soigné réussie : écoute active, choix des mots, adaptation au patient et à sa famille, suivi post-annonce. Un point clé évoqué lors de la séance est l’importance de "prendre le temps", car une annonce de diagnostic grave ne peut être expédiée en 20 minutes. 

Etudiants en auditoire lors d'un TP

Les enjeux : mieux accompagner les patients et leurs familles

L’intervention avait plusieurs objectifs : 

  • Préparer les étudiants et étudiantes à appréhender une situation aussi sensible que l’annonce d’une mauvaise nouvelle, en leur fournissant des outils pratiques et théoriques. 
  • Améliorer l’accompagnement de la patientèle et de leurs familles, en tenant compte de leurs émotions et de leur compréhension de la situation. 
  • Favoriser une approche humaine et bienveillante, où la personne qui délivre le diagnostic doit se souvenir qu’elle a une obligation de moyens, et non de résultat. 

Les étudiants et étudiantes ont également reçu un livret de conseils pratiques « Accompagner l’annonce d’un diagnostic », afin de prolonger les apprentissages après les TP. 

Le témoignage de Dominique Damas et l’expérience du Dr Latteur ont captivé les élèves de 3e année en médecine, comme en témoigne l’une d’entre eux : 

« C’est vraiment génial d’avoir ce genre d’intervention dans notre cursus. De plus, les invités sont tellement impliqués que cela rend le moment passionnant. » 

Ces échanges apportent une vision à 360 degrés, intégrant les perspectives du patient et du soignant. Cette approche immersive prépare les futurs médecins à affronter ces situations difficiles avec sérénité et professionnalisme, tout en les sensibilisant à leur propre santé mentale. 

La santé mentale et le bien-être en Faculté de médecine

À l’UNamur, la santé mentale des étudiants et étudiantes en médecine est une priorité. Plusieurs initiatives du département de psychologie viennent compléter ces TP : 

  • Des travaux pratiques destinés à renforcer la réflexion sur l’importance de leur bien-être physique et mentale. 
  • Une attention particulière portée à la prévention du burn-out, une problématique omniprésente dans la profession médicale. 
  • La création d’un miniguide de communication professionnelle, distribué après des jeux de rôle interactifs. 
  • Un immersive-learning permettant de s’entraîner à l’annonce de mauvaise nouvelle.  

Ces initiatives pédagogiques démontrent l’engagement de la Faculté de médecine à offrir une formation intégrale, qui ne se limite pas à l’expertise technique mais englobe aussi les aspects inter et intrapersonnels, indispensables pour exercer la médecine dans toute sa complexité. 

DJESA : sensibilisation et interdisciplinarité dans l’enseignement médical

Biodiversité
Médecine
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 4 - Éducation de qualité
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure
ODD 17 - Partenariats pour la réalisation des objectifs

Ce vendredi 1er mars, la Faculté de Médecine accueillait une Demi-Journée d’Échange sur la Souveraineté Alimentaire (DJESA), organisée par le consortium UNI4COOP, Humundi et Vétérinaires Sans Frontières. Sous l’impulsion du Professeur et directeur du Département de médecine de l'UNamur, Grégoire Wiëers et de Madame Caroline Canon, maître en didactique, cet événement était dédié aux étudiants de bloc 2 de médecine, pharmacie et sciences biomédicales. Une après-midi ponctuée d'une conférence gesticulée de Corentin Hecquet et d'ateliers de sensibilisation sur le développement durable et l’interdisciplinarité dans le domaine médical.

Photo plante

Pour sa seconde édition, le projet DJESA a été accueilli par l’Université de Namur pour les étudiants en Faculté de médecine. L’occasion de les sensibiliser à la compréhension de la souveraineté alimentaire et ses enjeux. Mais qu'entend-on réellement par souveraineté alimentaire ? Ce concept englobe le droit des peuples à une alimentation saine et adéquate, assurant ainsi leur sécurité alimentaire. Selon Caroline Canon, maître en didactique à la Faculté de médecine de l’UNamur, « il est essentiel d'intégrer les objectifs de développement durable dans les programmes d'enseignement afin que les futurs professionnels soient sensibilisés aux enjeux environnementaux et sociétaux, et qu'ils puissent agir en tant que citoyens universitaires informés. »

Parallèlement, la FUCID (Forum Universitaire pour la Coopération Internationale au Développement), ONG du campus namurois, souhaite déployer DJESA dans différentes facultés. Sensibiliser aux enjeux actuels tels que la souveraineté alimentaire est crucial pour envisager d'autres modèles pour demain, et ce, de manière interdisciplinaire. Maxime Giegas, chargé de projets à la FUCID, souligne : « Avec les étudiants en médecine, nous pouvons établir de nombreux liens entre leur cursus et les sujets abordés lors de DJESA. Cette initiative les confronte à des problématiques qu'ils ne rencontrent pas quotidiennement, ce qui enrichit leur apprentissage. »

DJESA, c'est quoi ?

Demi-journée d’Échange sur la Souveraineté Alimentaire, organisée par le consortium Uni4Coop (Eclosio, FUCID, Louvain Coopération, ULB-Coopération), Humundi et Vétérinaires Sans Frontières. Destiné aux différents campus francophones de Belgique, le projet DJESA propose une conférence sur la souveraineté alimentaire suivie de divers ateliers liés à la thématique.

La conférence inaugurale, animée par Corentin Hecquet, diplômé en sociologie à l’Université catholique de Louvain et docteur en sciences de l’environnement, a mis en lumière l'urgence de promouvoir la souveraineté alimentaire dans un monde en mutation et exploré les liens étroits entre alimentation, santé et environnement. Les étudiants ont eu l'opportunité d'approfondir leur compréhension des politiques agricoles, des pratiques alimentaires durables et de leur impact sur la santé publique. « Lors de ma conférence, j'essaie d'aborder l'ouverture interdisciplinaire à d'autres types de connaissances, telles que celles des patients, ainsi que l'esprit critique », partage Corentin Hecquet. Plus qu'une simple discussion académique, cette rencontre visait à susciter une réflexion active sur le rôle des professionnels de la santé dans la promotion de systèmes alimentaires justes et écologiquement responsables.

Ensuite, des ateliers liés à la thématique ont permis aux étudiants de réfléchir aux problématiques de manière pro-active. L’organisation de DJESA a fait appel à l’interdisciplinarité – diverses disciplines doivent collaborer pour atteindre une justice alimentaire et donc, la pérennité de la vie. En ce sens, cette conférence ouvre aussi, pour les étudiants en médecine, la discussion à la philosophie du « One Health », qui vise à favoriser une interaction entre différentes disciplines pour atteindre la reconnaissance de l’interconnexion du vivant, d’« une seule santé ». Les professeurs souhaitent intégrer cette philosophie au cursus de médecine, favorisant ainsi une harmonie entre interdisciplinarité et développement durable. « Nous voulons faire prendre conscience aux étudiants de l’importance du rôle qu’ils vont devoir jouer. Cette philosophie demande de l’interdisciplinarité, du respect et de l’acceptation sur le fait qu’une seule solution n’existe pas. Il va falloir avancer, avec nos limites certes, mais ne pas reculer devant la problématique et collaborer », appuie Caroline Canon.

Il semblerait que l’objectif ait été atteint, beaucoup d’étudiants ont été sensibilisés, partageant des avis positifs. « Je trouve très intéressant d’aborder ce sujet dans notre cursus car certains étudiants se dirigeront vers ce domaine. Les confronter à ces questions dès maintenant les préparera pour l'avenir », relate Livia Saccon, étudiante en sciences biomédicales. « Cette conférence m'a beaucoup appris sur des sujets que j'ignorais », se réjouit Alexandra Priso, étudiante en pharmacie.

 

En conclusion, DJESA était l’occasion pour les étudiants dans les domaines des sciences de la vie, de la santé et de la maladie, d'élargir leurs horizons et de prendre conscience de l'importance cruciale de la souveraineté alimentaire dans le contexte actuel. Cette initiative interdisciplinaire favorise une réflexion critique et prépare les futurs professionnels de la santé à jouer un rôle clé de manière juste et écologiquement responsable.

L'UNamur durable sur le fond comme sur la forme

L’université se doit d’être exemplaire en matière de développement durable, dans les trois dimensions de celui-ci (économique, sociale et environnementale). Notamment par sa manière de gérer ses infrastructures et son patrimoine pour un « campus durable sur la forme », ainsi que, en tant qu’institution d’enseignement et  de recherche, par son engagement afin de contribuer activement à la transition environnementale « campus durable sur le fond ». C'est d'ailleurs l'un des objectifs du plan stratégique Univers2025.  Le tout en concordance avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.

Un jeu immersif pour renforcer la collaboration interprofessionnelle dans les soins de santé

Médecine
Pharmacie
Pédagogie

Ce jeudi 12 mars, les étudiants du master de spécialisation en médecine générale et du master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières de l’Henallux se sont réunis pour tester « Le voyage d’Eugène », un jeu immersif créé dans le cadre d’un projet PUNCh (Pédagogie Universitaire Namuroise en Changement). Cet outil de ludopédagogie a été conçu pour renforcer la communication et la collaboration entre futurs professionnels de la santé. Après une phase de jeu, un débriefing structuré a été proposé aux étudiants afin de transformer l’expérience en apprentissage collectif.

Etudiantes autour d'un jeu de plateau

Ce projet PUNCh mené par Hélène Givron, maître de conférences et coordinatrice pédagogique au Département de psychologie de l’Université de Namur, est destiné à répondre aux besoins pédagogiques en formation interprofessionnelle. Le souhait était de concevoir un outil ludique, modulable et réutilisable dans différents contextes, afin de répondre à un enjeu important du terrain. 

L’objectif principal de cet atelier était de renforcer la communication et la collaboration interprofessionnelle dans le domaine de la santé. Une équipe multidisciplinaire s’est donc constituée, composée de représentantes et de représentants des différents secteurs : Catherine Magnette (Chargée d’enseignement, département de médecine), Romain Siriez (Coordinateur pédagogique, département de pharmacie) et Laura Demarthe (Assistante, département de psychologie), afin de réunir les étudiants du  Master de spécialisation en médecine générale et de master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières (Hénallux) autour de ces problématiques.

Une phase de jeu immersive pour expérimenter la collaboration en milieu hospitalier

L’atelier se basait sur le jeu de plateau « Le voyage d’Eugène », conçu par Christine Laurent (médecin hygiéniste et ludopédagogue) et inspiré du principe de l’escape game, conçu pour faire vivre aux étudiants une expérience immersive et collaborative. Les participants étaient répartis en équipes de trois à quatre joueurs, composées d’un médecin, d’un infirmier et d’un ou deux pharmaciens, afin d’encourager l’interprofessionnalité. Chaque équipe devait progresser dans un scénario en résolvant une succession d’énigmes en 45 minutes, sous l’œil attentif de formateurs. Pour y parvenir, les étudiants devaient collaborer et s’appuyer sur la communication verbale afin d’échanger leurs idées, partager leurs informations et coordonner leurs actions

Jeu de plateau

Cet outil pédagogique mobilise différentes compétences essentielles au travail en équipe, comme l’écoute active, la capacité à formuler clairement ses idées, la coordination des tâches et la prise de décision collective. Chaque énigme constituait un défi nécessitant une réelle coopération entre les membres du groupe car aucune solution ne pouvait être trouvée individuellement. 

Un débriefing structuré pour transformer l’expérience en apprentissage

Après la phase de jeu, un temps de débriefing a été organisé avec l’ensemble des participants. Ce moment d’échange visait à discuter de l’expérience vécue durant l’atelier et à amener les étudiants à réfléchir aux notions de collaboration et de communication interprofessionnelle dans le contexte des soins de santé. Le jeu a servi de support pour montrer certaines situations de coopération, mais aussi pour révéler des difficultés de coordination ou de transmission d’informations. Le débriefing a ainsi permis d’engager un dialogue entre les étudiants issus des différentes filières autour des freins et des leviers d’une communication efficace. Les participants ont eu l’opportunité de partager leur ressenti, confronter leurs points de vue et discuter des stratégies favorisant une meilleure collaboration entre professionnels de santé. 

Les objectifs pédagogiques de l’atelier étaient bien définis :

  • Aborder les compétences nécessaires à la collaboration interprofessionnelle, telles que la communication et la prise de décision collective.
  • Identifier les leviers et les freins à la collaboration interprofessionnelle.
  • Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins grâce à une meilleure coordination entre professionnels.

En 1h45, il est sans doute utopique d’espérer atteindre une amélioration des compétences des étudiants. On espère toutefois qu’ils auront une meilleure représentation de la communication interprofessionnelle. On tente de semer des petites graines pour leur futures pratiques collaboratives. 

Hélène Givron Maître de conférences et coordinatrice pédagogique

Témoignages d'étudiants

« J’espère que cette expérience va induire un changement dans la pratique. Le jeu donne des moyens de s’imposer, surtout en tant que jeune médecin lorsque l’on doit s’intégrer dans des équipes avec des personnes qui ont plus d’expérience. Cela permet de s’affirmer et de développer sa confiance en soi. » -  Yorick, étudiant en médecine 

« On s’attendait à une activité avec un contenu exclusivement « médical » sur base des informations que l’on avait reçues. Cette expérience originale nous sort du cadre des mises en situation habituelles » - Margaux, étudiante en médecine 

« J’ai trouvé cet atelier adéquat, ça apporte un plus et c’est très intéressant. Nous n’avons jamais de simulations axées sur la collaboration. Ce serait intéressant d’intégrer cela dans le cursus » - étudiante en sciences infirmières

Un outil polyvalent

Le jeu « Le voyage d’Eugène » a été conçu par le Dr. Christine Laurent, médecin hygiéniste et ludopédagogue avec la collaboration d’Emeline Boreux, graphiste et illustratrice. « Le développement du jeu s’est étalé sur un an et demi, le temps de concevoir une structure suffisamment robuste pour accueillir des énigmes variées et des objectifs pédagogiques multiples. Sa polyvalence repose sur la possibilité de modifier l’énigme centrale, d’adapter les indices et d’orienter le débriefing vers différentes compétences selon les publics.  Cet outil peut en effet être transposé à d’autres disciplines, telles que la gestion de projet ou l’ingénierie par exemple », explique Christine Laurent, conceptrice du jeu.

Jeu Le Voyage d'Eugène

L’interactivité au cœur du cursus de médecine générale

Cette expérience s’inscrit dans le cadre d’une série de journées immersives proposées aux étudiants du Master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur. « Les étudiants sont principalement en stage durant leur master. Ils ont toutefois plusieurs journées plus académiques lors desquelles nous nous efforçons de développer des activités interactives », explique Catherine Magnette, Chargée d’enseignement et médecin généraliste. Les prochains ateliers porteront ainsi sur la collaboration interprofessionnelle en cas d’épidémie en maison de repos et sur la collaboration avec les médecins-conseil et médecins du travail.

Etudiants autour d'un jeu de plateau

Des méthodes innovantes pour évaluer la perception corporelle chez les adultes autistes

Psychologie
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure

Joanna Mourad, doctorante au Département de psychologie de la Faculté de médecine de l’UNamur, vient de publier une étude qui intègre des outils digitaux dynamiques pour mieux évaluer la perception du corps chez les personnes autistes.  Explications.

Représentation irréelle d'une personne tenant un miroir

Tout le monde pense savoir ce qu’est l’autisme. On imagine un personnage-cliché comme celui du film Rain Man, une espèce de génie qui présente un tas de troubles obsessionnels ainsi que des problèmes de communication et de sociabilisation.  Pourtant, Rain Man ne présente qu’un aspect des symptômes plus ou moins exacerbés que les personnes autistes peuvent avoir.  Certains peuvent masquer leurs symptômes et font beaucoup d’efforts pour s’adapter.  Quand on les croise, notre tendance est de les qualifier de personnes « particulières », obsessionnelles, haut perchées, à la limite du génie ou un peu « bizarres ». 

Joanna Mourad s’intéresse aux personnes autistes et surtout à leur perception du corps, qu’on appelle en jargon professionnel « les représentations corporelles ».  Originaire du Liban, elle a obtenu un diplôme de psychomotricienne en 2018 à l’Université Saint Joseph de Beyrout. Depuis 2023, elle effectue une double thèse (BOF UHasselt-UNamur) au Département de psychologie de la Faculté de médecine.

Représentations corporelles – Quézako ?

Prenez quelques instants pour vous observer dans un miroir.  Que vous renvoie votre image ?  Sur quoi votre regard se pose-t-il en premier ?  Voyez-vous vos complexes, vos fiertés ? Bougez-vous comme vous le souhaitez ?

Les représentations corporelles, sont nos représentations mentales uniques et personnelles.  Elles peuvent être objectives ou subjectives par rapport à la réalité ou au moment, satisfaisantes ou non et évoluer au fil du temps en fonction de notre vécu.  Ce qui est sûr, c’est que nos expériences sensorielles et émotionnelles impactent directement notre personne, que ce soit dans nos relations, nos comportements, ou encore notre humeur …

Chez les personnes autistes, l’impact sur la santé physique et mentale est encore plus grand.  Cela représente un réel défi car elles vivent en moyenne 10 à 20 ans de moins qu’une autre personne.  Elles développent aussi plus de maladies cardio-vasculaires à cause de leur état de stress quasi permanent.  Le taux de suicide est également 9 fois plus élevé. 

C’est pourquoi il est très important de mieux comprendre comment les personnes autistes perçoivent leur corps.  Des techniques d’évaluation existent déjà mais il s’agit pour la plupart de questionnaires d’auto-évaluation en lien avec l’image et les performances du corps. 

Perspectives pour une évaluation multisensorielle

Il manquait une approche holistique qui prenne en compte les comportements de manière continue et en temps réel. 

Dans son article “Innovative Digital Phenotyping Method to Assess Body Representations in Autistic Adults: A Perspective on Multisensor EvaluationJoanna Mourad recueille des données à un moment donné et sur une période prolongée, et les analyse en combinant techniques traditionnelles et outils modernes.

Cette approche innovante repose sur des techniques telles que des évaluations écologiques momentanées (en temps réel dans la vie quotidienne) et des analyses de séries temporelles (via des appareils connectés comme des montres ou des smartphones, …), afin de saisir les dynamiques et les changements dans leur expérience au fil du temps.  Pour traiter les données recueillies, les chercheurs ont recours à des outils statistiques avancés, comme la régression multivariée, l’analyse de séries temporelles et des algorithmes d’intelligence artificielle. Ces outils permettent de mieux comprendre les multiples facteurs influençant la perception du corps chez les personnes autistes. 

Dans le développement de cette méthode, l’équipe accorde une importance particulière à l’éthique et à l’implication des personnes concernées et tient compte des défis potentiels, tels que l’adoption variable des technologies et leur accessibilité.

Cette approche révolutionne l’évaluation de la perception du corps en intégrant des outils traditionnels et dynamiques, tout en offrant un environnement d’évaluation plus bienveillant et adapté aux personnes autistes.

Les activités récentes

Le 16 novembre 2024, Joanna Mourad a pu présenter son étude à plus de 600 personnes lors d’un talk à la 2e conférence Occitane de psychomotricité de Montpelier. 

En octobre 2024, Joanna Mourad avait participé à la formation « Autisme sans handicap intellectuel chez l’adulte et l’adolescent : de la clinique à la pratique » animée par la Professeure Bernadette Grosjean, une des expertes du sujet.  Cette formation était organisée à l’Université de Namur par le centre de formation continue "Santé mentale et psychiatrie".

"C’est grâce à Bernadette Grosjean que ma perception des personnes autistes a profondément évolué, ce qui a transformé ma manière de mener mes recherches dans le domaine sous une perspective neuro-affirmative. Je tiens également à exprimer toute ma reconnaissance envers mes deux promoteurs, Martin Desseilles et Bruno Bonnechère, qui m’ont énormément apporté et soutenue tout au long de ce parcours ainsi qu’à ma co-promotrice Katleen Bogaerts et mon comité d’accompagnement", explique Joanna Mourad.

Image
Photo de Joanna Mourad

Par rapport à ma double thèse entre la Flandre et la Wallonie, je suis confrontée à deux mondes riches et diversifiés dont j’apprends doublement. Je suis très fière de mes résultats qui ouvrent de nouvelles perspectives. J’estime avoir vraiment beaucoup de chance !

Joanna Mourad Doctorante au Département de psychologie

Recherche et enseignement au Département de psychologie

Créé en 1978, le Département de psychologie a réalisé de nombreuses recherches dans différents domaines des sciences humaines et sociales ainsi que de la santé, avec un intérêt tout particulier pour les personnes vulnérables, les neurosciences et l’eHealth.

Dans les sciences humaines et sociales, le Département a acquis une réputation nationale et internationale dans la réalisation d’études qualitatives portant sur la personne souffrant de troubles physiques ou psychiques. Il dispense principalement des cours à la Faculté de médecine et dans le cadre de la formation continue, aux professionnels de la santé, notamment avec le Certificat interuniversitaire « Double diagnostic » dont la prochaine édition aura lieu à partir de septembre 2025.

Appel Bourse BOF 2025

L'appel conjoint UHasselt-UNamur pour des bourses de doctorat est ouvert, dans le cadre du Fonds FSR, qui finance des bourses de doctorat. 

Ce financement est ouvert aux candidats (sans restriction de sexe, de nationalité ou d'âge) qui souhaitent préparer leur doctorat en collaboration entre UNamur et UHasselt. Deadline de remise des dossiers : 03/03/2025.

Informations et contact : secretariat.adre@unamur.be

Former les médecins de demain : retour sur l'intervention de l’ASBL PAH

Médecine
Psychologie
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 4 - Éducation de qualité

Dans le cadre des travaux pratiques (TP) de psychologie médicale de la Faculté de médecine de l’Université de Namur, une intervention marquante a eu lieu. Un binôme, composé de Dominique Damas, patiente experte et membre active de l’ASBL PAH (Plateforme Annonce Handicap), et du Dr Latteur, médecin, est venu partager son expérience sur un sujet aussi délicat qu’essentiel : l’annonce de mauvaises nouvelles ou de diagnostics graves aux patients et patientes. 

Médecins et patiente en consultation

Avec l’appui des enseignantes Hélène Cocriamont, Laura Demarthe et Hélène Givron, ces TP s’inscrivent dans le cadre du cours de psychologie médicale dirigé par le Professeur M. Desseilles. Leur objectif est de renforcer les compétences en communication professionnelle en santé des étudiants et étudiantes en médecine. 

Dominique Damas, mère de trois enfants atteints du syndrome de l’X Fragile, a témoigné de ses expériences personnelles d’annonces de mauvaises nouvelles. Trois fois, elle a dû faire face à l’épreuve de recevoir ce diagnostic pour ses enfants. À travers son vécu, elle a développé une expertise qu’elle met aujourd’hui au service des autres. Cette démarche lui a permis de transformer une épreuve personnelle en engagement collectif, en rejoignant des associations dédiées au handicap. 

Sa collaboration avec le Dr Latteur a permis aux étudiants de saisir les enjeux d’une communication soignant-soigné réussie : écoute active, choix des mots, adaptation au patient et à sa famille, suivi post-annonce. Un point clé évoqué lors de la séance est l’importance de "prendre le temps", car une annonce de diagnostic grave ne peut être expédiée en 20 minutes. 

Etudiants en auditoire lors d'un TP

Les enjeux : mieux accompagner les patients et leurs familles

L’intervention avait plusieurs objectifs : 

  • Préparer les étudiants et étudiantes à appréhender une situation aussi sensible que l’annonce d’une mauvaise nouvelle, en leur fournissant des outils pratiques et théoriques. 
  • Améliorer l’accompagnement de la patientèle et de leurs familles, en tenant compte de leurs émotions et de leur compréhension de la situation. 
  • Favoriser une approche humaine et bienveillante, où la personne qui délivre le diagnostic doit se souvenir qu’elle a une obligation de moyens, et non de résultat. 

Les étudiants et étudiantes ont également reçu un livret de conseils pratiques « Accompagner l’annonce d’un diagnostic », afin de prolonger les apprentissages après les TP. 

Le témoignage de Dominique Damas et l’expérience du Dr Latteur ont captivé les élèves de 3e année en médecine, comme en témoigne l’une d’entre eux : 

« C’est vraiment génial d’avoir ce genre d’intervention dans notre cursus. De plus, les invités sont tellement impliqués que cela rend le moment passionnant. » 

Ces échanges apportent une vision à 360 degrés, intégrant les perspectives du patient et du soignant. Cette approche immersive prépare les futurs médecins à affronter ces situations difficiles avec sérénité et professionnalisme, tout en les sensibilisant à leur propre santé mentale. 

La santé mentale et le bien-être en Faculté de médecine

À l’UNamur, la santé mentale des étudiants et étudiantes en médecine est une priorité. Plusieurs initiatives du département de psychologie viennent compléter ces TP : 

  • Des travaux pratiques destinés à renforcer la réflexion sur l’importance de leur bien-être physique et mentale. 
  • Une attention particulière portée à la prévention du burn-out, une problématique omniprésente dans la profession médicale. 
  • La création d’un miniguide de communication professionnelle, distribué après des jeux de rôle interactifs. 
  • Un immersive-learning permettant de s’entraîner à l’annonce de mauvaise nouvelle.  

Ces initiatives pédagogiques démontrent l’engagement de la Faculté de médecine à offrir une formation intégrale, qui ne se limite pas à l’expertise technique mais englobe aussi les aspects inter et intrapersonnels, indispensables pour exercer la médecine dans toute sa complexité. 

DJESA : sensibilisation et interdisciplinarité dans l’enseignement médical

Biodiversité
Médecine
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 4 - Éducation de qualité
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure
ODD 17 - Partenariats pour la réalisation des objectifs

Ce vendredi 1er mars, la Faculté de Médecine accueillait une Demi-Journée d’Échange sur la Souveraineté Alimentaire (DJESA), organisée par le consortium UNI4COOP, Humundi et Vétérinaires Sans Frontières. Sous l’impulsion du Professeur et directeur du Département de médecine de l'UNamur, Grégoire Wiëers et de Madame Caroline Canon, maître en didactique, cet événement était dédié aux étudiants de bloc 2 de médecine, pharmacie et sciences biomédicales. Une après-midi ponctuée d'une conférence gesticulée de Corentin Hecquet et d'ateliers de sensibilisation sur le développement durable et l’interdisciplinarité dans le domaine médical.

Photo plante

Pour sa seconde édition, le projet DJESA a été accueilli par l’Université de Namur pour les étudiants en Faculté de médecine. L’occasion de les sensibiliser à la compréhension de la souveraineté alimentaire et ses enjeux. Mais qu'entend-on réellement par souveraineté alimentaire ? Ce concept englobe le droit des peuples à une alimentation saine et adéquate, assurant ainsi leur sécurité alimentaire. Selon Caroline Canon, maître en didactique à la Faculté de médecine de l’UNamur, « il est essentiel d'intégrer les objectifs de développement durable dans les programmes d'enseignement afin que les futurs professionnels soient sensibilisés aux enjeux environnementaux et sociétaux, et qu'ils puissent agir en tant que citoyens universitaires informés. »

Parallèlement, la FUCID (Forum Universitaire pour la Coopération Internationale au Développement), ONG du campus namurois, souhaite déployer DJESA dans différentes facultés. Sensibiliser aux enjeux actuels tels que la souveraineté alimentaire est crucial pour envisager d'autres modèles pour demain, et ce, de manière interdisciplinaire. Maxime Giegas, chargé de projets à la FUCID, souligne : « Avec les étudiants en médecine, nous pouvons établir de nombreux liens entre leur cursus et les sujets abordés lors de DJESA. Cette initiative les confronte à des problématiques qu'ils ne rencontrent pas quotidiennement, ce qui enrichit leur apprentissage. »

DJESA, c'est quoi ?

Demi-journée d’Échange sur la Souveraineté Alimentaire, organisée par le consortium Uni4Coop (Eclosio, FUCID, Louvain Coopération, ULB-Coopération), Humundi et Vétérinaires Sans Frontières. Destiné aux différents campus francophones de Belgique, le projet DJESA propose une conférence sur la souveraineté alimentaire suivie de divers ateliers liés à la thématique.

La conférence inaugurale, animée par Corentin Hecquet, diplômé en sociologie à l’Université catholique de Louvain et docteur en sciences de l’environnement, a mis en lumière l'urgence de promouvoir la souveraineté alimentaire dans un monde en mutation et exploré les liens étroits entre alimentation, santé et environnement. Les étudiants ont eu l'opportunité d'approfondir leur compréhension des politiques agricoles, des pratiques alimentaires durables et de leur impact sur la santé publique. « Lors de ma conférence, j'essaie d'aborder l'ouverture interdisciplinaire à d'autres types de connaissances, telles que celles des patients, ainsi que l'esprit critique », partage Corentin Hecquet. Plus qu'une simple discussion académique, cette rencontre visait à susciter une réflexion active sur le rôle des professionnels de la santé dans la promotion de systèmes alimentaires justes et écologiquement responsables.

Ensuite, des ateliers liés à la thématique ont permis aux étudiants de réfléchir aux problématiques de manière pro-active. L’organisation de DJESA a fait appel à l’interdisciplinarité – diverses disciplines doivent collaborer pour atteindre une justice alimentaire et donc, la pérennité de la vie. En ce sens, cette conférence ouvre aussi, pour les étudiants en médecine, la discussion à la philosophie du « One Health », qui vise à favoriser une interaction entre différentes disciplines pour atteindre la reconnaissance de l’interconnexion du vivant, d’« une seule santé ». Les professeurs souhaitent intégrer cette philosophie au cursus de médecine, favorisant ainsi une harmonie entre interdisciplinarité et développement durable. « Nous voulons faire prendre conscience aux étudiants de l’importance du rôle qu’ils vont devoir jouer. Cette philosophie demande de l’interdisciplinarité, du respect et de l’acceptation sur le fait qu’une seule solution n’existe pas. Il va falloir avancer, avec nos limites certes, mais ne pas reculer devant la problématique et collaborer », appuie Caroline Canon.

Il semblerait que l’objectif ait été atteint, beaucoup d’étudiants ont été sensibilisés, partageant des avis positifs. « Je trouve très intéressant d’aborder ce sujet dans notre cursus car certains étudiants se dirigeront vers ce domaine. Les confronter à ces questions dès maintenant les préparera pour l'avenir », relate Livia Saccon, étudiante en sciences biomédicales. « Cette conférence m'a beaucoup appris sur des sujets que j'ignorais », se réjouit Alexandra Priso, étudiante en pharmacie.

 

En conclusion, DJESA était l’occasion pour les étudiants dans les domaines des sciences de la vie, de la santé et de la maladie, d'élargir leurs horizons et de prendre conscience de l'importance cruciale de la souveraineté alimentaire dans le contexte actuel. Cette initiative interdisciplinaire favorise une réflexion critique et prépare les futurs professionnels de la santé à jouer un rôle clé de manière juste et écologiquement responsable.

L'UNamur durable sur le fond comme sur la forme

L’université se doit d’être exemplaire en matière de développement durable, dans les trois dimensions de celui-ci (économique, sociale et environnementale). Notamment par sa manière de gérer ses infrastructures et son patrimoine pour un « campus durable sur la forme », ainsi que, en tant qu’institution d’enseignement et  de recherche, par son engagement afin de contribuer activement à la transition environnementale « campus durable sur le fond ». C'est d'ailleurs l'un des objectifs du plan stratégique Univers2025.  Le tout en concordance avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.

Toutes les actualités

Événements

23
2026

L’autisme en 2026 : les différences (presque) invisibles dans nos familles et nos pratiques. Mise au point.

Congrès / Colloque / Conférence
Congrès / Colloque / Conférence
-
Faculté de médecine

L’autisme en 2026 : les différences (presque) invisibles dans nos familles et nos pratiques. Mise au point.

Psychologie
23
2026 20:00 - 21:30
CHU LIEGE Bâtiment B35A Amphithéâtre de médecine WELSCH - Campus Sart Tilman, Avenue de l'Hôpital, 1 - 4000 Liège
Personne de contact :  Desseilles Martin

L’autisme ne se voit pas toujours. Et pourtant, il est là — dans nos consultations, dans nos familles, dans nos institutions.

Publics concernés : Professionnels de santé (médecins, psychologues, infirmiers, paramédicaux), Familles et proches, étudiants et toute personne intéressée par les enjeux actuels de l'autisme.

 

En 2026, que savons-nous réellement des formes discrètes, tardives ou masquées de l’autisme ?
Comment mieux les reconnaître, sans les surinterpréter ?
Et surtout : que faire, concrètement, dans nos pratiques quotidiennes ?
Cette conférence propose une mise au point claire, rigoureuse et nuancée.
À partir de situations cliniques, d’exemples concrets et de données récentes, le Dr Grosjean abordera :
• les formes dites « invisibles » ou compensées de l’autisme
• les enjeux diagnostiques chez l’adulte et dans les trajectoires atypiques
• les confusions fréquentes avec d’autres troubles
• les implications pour les familles et les professionnels
👉 Une conférence pour penser autrement, affiner son regard, et éviter les raccourcis.

🎟 Entrée libre (maximum 130 personnes)
✉ Contact : martin.desseilles@unamur.be
📜 Accréditation demandée pour les médecins

Cet évènement est organisée en collaboration avec l'UNamur, le CHU de Liège et l'Université de Liège.

Tous les événements

Contacts du département de psychologie

Directeur du département

Martin DESSEILLES

Secrétariat

Katty Lamoline